Révolte des Canuts

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La révolte des Canuts, à Lyon (France), en novembre 1831, fut la seconde insurrection sociale caractérisée, au début de l'ère de la grande industrie. Elle avait été précédée, en 1819, d'émeutes à Vienne lors de l’introduction de nouveaux métiers à tisser, écrasées par les régiments de ligne : les tisserands brisent les nouvelles machines à tisser inventées par Jacquard ; car ces machines les concurrencent et les privent de leur gagne-pain.

Sommaire

Le contexte : l'organisation de la production de soieries à Lyon au début du XIXe siècle

Au début du XIXe siècle, le textile est la principale activité industrielle[1]. À Lyon, le tissage de la soie fait vivre la moitié de la population.

En 1831, la production lyonnaise de soieries demeure organisée selon un modèle de type pré-industriel :

  • Au sommet de la pyramide, on trouve la « grande fabrique », composée de quelque 1 400 négociants-banquiers appelés « fabricants » ou « soyeux », qui commandent et financent la fabrication des pièces et en assurent la commercialisation auprès de la clientèle[2].
  • Les fabricants font travailler quelque 8 000 maîtres artisans tisserands, les « canuts », qui travaillent à la commande et à la pièce. Ils sont propriétaires de leurs métiers à tisser (familièrement appelés « bistanclaques »), de deux à six selon la taille de l'atelier[2].
  • Les canuts emploient environ 30 000 compagnons, qui sont des salariés à la journée, mais vivent généralement chez le canut, qui les loge et les nourrit et dont ils partagent la condition[2].
  • On fait également travailler des femmes, moins bien payées, et des apprentis ou garçons de course, qu’on appelle à Lyon des « brasse-roquets », tout cela composant un très large éventail de métiers : gareurs, satinaires, lanceurs, battandiers, metteurs en carte, liseurs de dessins, magnanarelles, monteurs, brocheurs, plieurs, moulineurs, ourdisseuses, ovalistes, remetteuses, tordeuses, dévideuses, passementières, guimpières, taffetaquières, teinturiers, finisseuses...

Les ateliers sont pour la plupart établis dans les maisons des Pentes de la Croix-Rousse, mais aussi à Saint-Georges dans le Vieux Lyon, Bourgneuf (Pierre Scize), La Guillotière et Vaise. Une seule manufacture de type industriel, l’usine de soierie de la Sauvagère[3], employant 600 ouvriers, existait à Saint-Rambert-l'Île-Barbe, devenu le quartier Nord de Lyon.

La production de soieries, comme toute activité de luxe, est fortement soumise aux aléas de la conjoncture. Une grande partie de la demande vient d'Amérique du Nord, et est très sensible à la concurrence.

Sous l'Empire, le gouvernement a accepté – ou, à tout le moins, toléré – l'introduction, à certaines époques, de tarifs réglementés dans la fabrique lyonnaise. Il en a résulté une augmentation des salaires.

Après la crise économique de 1825, les canuts et leurs compagnons, encouragés par des catholiques, ont créé des sociétés de secours mutuel, alors que les associations à caractère professionnel (syndicalisme) sont interdites par la loi Le Chapelier.

La révolte des canuts de novembre 1831

En 1831, la conjoncture économique est morose et pèse sur la demande de soieries. La faiblesse de l'activité entraîne les salaires des ouvriers à la baisse. Depuis les meilleures années de l'Empire, les salaires ont nettement chuté.

Les origines de la crise

Le 18 octobre 1831, les canuts demandent au préfet du Rhône, Louis Bouvier-Dumolart, de jouer les intermédiaires pour obtenir des fabricants l'établissement d'un tarif, permettant de limiter la baisse des prix. Le préfet réunit aussitôt une commission de patrons et d'ouvriers qui établit un tarif le 26 octobre et confie au conseil de prud'hommes la charge d'en surveiller l'application.

Mais l'intervention du préfet a été mal vue par un certain nombre de fabricants, qui tiennent son attitude pour démagogique, et les concessions de leurs représentants pour des marques de faiblesse : 104 d'entre eux, invoquant les principes de la Révolution qui, avec notamment la loi Le Chapelier et le décret d'Allarde de 1791, a consacré le principe de non-intervention de l'État dans les relations de travail, refusent d'appliquer le tarif, qu'ils dénoncent comme entrave à la liberté économique et rejettent comme exorbitantes les prétentions des canuts en matière de salaire (10 novembre 1831). Cette attitude provoque le soulèvement des ouvriers, le 21 novembre.

L'insurrection (21-24 novembre 1831)

« Vivre libre en travaillant, ou mourir en combattant ».

Le 21 novembre 1831, plusieurs centaines de tisseurs parcourent la Croix-Rousse, qui est alors une commune indépendante[4]. Ils obligent ceux qui travaillent encore à arrêter leurs métiers à tisser, puis descendent de la Croix-Rousse par la montée de la Grande-Côte jusqu'à la rue Vieille-Monnaie. La 1re légion de la Garde nationale, composée principalement de négociants et qui barre le passage, fait feu. Trois ouvriers sont tués, plusieurs sont blessés.
Les canuts remontent à la Croix Rousse et alertent la population en criant : « Aux armes, on assassine nos frères. » On s’arme de pioches, de pelles, de bâtons, quelques uns ont des fusils. Des barricades sont dressées et les ouvriers marchent sur Lyon, drapeau noir en tête, et bientôt, les tisseurs de la Croix-Rousse sont rejoint par ceux des Brotteaux et de la Guillotière.

Le 22 novembre, à Lyon, un combat sanglant a lieu au Pont Morand[5]. Les soldats et gardes nationaux, battus, renoncent à contrôler la Grande Côte et la montée Saint-Sébastien et les ouvriers prennent possession de la caserne du Bon Pasteur et pillent les armureries. Des ouvriers de tous les quartiers se joignent aux canuts qui sont bientôt maîtres de toute la ville, à l'exception du quartier des Terreaux. Plusieurs corps de garde de l'armée ou de la Garde nationale sont attaqués et incendiés. L'infanterie essaie vainement de les arrêter, puis recule sous les tuiles et les balles, tandis que la Garde nationale, dont nombre de membres se recrutent parmi les canuts, passe du côté des émeutiers.

Au terme d'une rude bataille – environ 600 victimes dont quelque 100 morts et 263 blessés côté militaire, et 69 morts et 140 blessés côté civil –, les émeutiers se rendent maîtres de la ville que fuient, dans la nuit du 22 au 23 novembre, le général Roguet, commandant la 7e division militaire, ainsi que le maire, Victor Prunelle.

Le 23 novembre, les insurgés sont maîtres de la ville et se gardent de tout pillage. Ils occupent l'Hôtel de Ville, mais leurs chefs, qui n'étaient « entrés en grève » que pour obtenir la correcte application de l'accord collectif, ne savent plus que faire de leur victoire. Un comité insurrectionnel se forme sous l'impulsion de quelques républicains, mais ne prend pas de mesures concrètes, faute d'un véritable programme et aussi du soutien des canuts, qui refusent de voir leur mouvement récupéré à des fins politiques.

La semaine suivante, les ouvriers, pensant tenir leur tarif, reprennent le travail.

La reprise en main

Louis-Philippe Ier, roi des Français.

À Paris, la nouvelle de l'émeute et de la prise de contrôle de la deuxième ville de France par les insurgés provoquent stupeur et consternation. À la Chambre, l'Opposition, emmenée par François Mauguin, a beau jeu de stigmatiser l'incompétence du ministère, tandis que le président du Conseil, Casimir Perier, dont le gouvernement s'est fixé comme première ambition de rétablir l'ordre public après l'agitation des Trois Glorieuses, impute les troubles lyonnais à la propagande saint-simonienne et aux menées des partisans de Charles X. Quant à Louis-Philippe, il ne doute pas que la révolte soit le fruit des menées républicaines[6].

Le 25 novembre, Perier s'exprime devant la Chambre des députés : il annonce que le duc d'Orléans, fils aîné du roi, et le maréchal Soult, ministre de la Guerre, se mettent à la tête d'une armée de 20 000 hommes pour reconquérir Lyon. Louis-Philippe les engage à la fermeté, mais leur interdit de recourir à des exécutions capitales[7]. Il se montre très critique vis-à-vis du préfet[8] mais reste prudent sur le tarif[9].

Le 28 novembre, le duc d'Orléans, fils du roi Louis-Philippe, et le maréchal Soult s'installent à Trévoux où ils attendent que le calme revienne dans Lyon.
Ils y rentrent le 3 décembre, sans effusion de sang[10], sans négociation, sans engagement de quelque nature que ce soit.
Le 6 décembre le préfet est révoqué, la Garde nationale dissoute et une importante garnison est placée dans la ville.
Le 7 décembre le tarif est annulé.
Le gouvernement décide la construction d'un fort, pour séparer la Croix-Rousse de la ville de Lyon.
90 ouvriers sont arrêtés, dont 11 qui seront poursuivis en justice et qui seront acquittés en juin 1832.

Soult rend compte au roi du succès complet de sa mission[11] : il ne manque pas d'attribuer les acclamations qui se sont fait entendre à « la reconnaissance pour le roi et pour le prince » et les silences à « une expression de tristesse qui était évidemment le témoignage du repentir » ; il note que toutes les autorités sont venues « rendre leurs devoirs à Monseigneur » et que tous ont fait « de très bons discours, excepté M. l'archevêque[12], qui s'est contenté de dire qu'il n'avait que des prières à faire »[13].

Entre les 17 et 20 décembre 1831, l'opposition d'extrême gauche cherche à faire rebondir l'affaire de Lyon à la Chambre des députés. Casimir Perier déclare que la révolte a voulu s'armer « contre la liberté du commerce et de l'industrie » et affirme le 26 décembre que « la société ne se laissera pas menacer impunément. » La très grande majorité des députés approuve l'action du ministère et passe à l'ordre du jour, sans tenir compte des protestations et sans donner suite à la demande d'enquête présentée par le député d'extrême gauche Eusèbe de Salverte.

La deuxième insurrection des canuts (avril 1834)

Après l'échec de l'insurrection de 1831, les républicains parisiens ont envoyé à Lyon des émissaires qui y ont créé tout un réseau de sociétés secrètes, souvent en relation étroite avec les associations de compagnonnage des artisans de la soierie.

À la fin de 1833, le gouvernement ne s'attend absolument pas à une nouvelle insurrection à Lyon, dans la mesure où la conjoncture économique est bonne et où l'industrie lyonnaise de la soie est alors florissante[14]. Pourtant, les républicains vont manœuvrer habilement pour créer une situation insurrectionnelle en prenant appui sur un conflit salarial apparu au mois de février chez les ouvriers de la peluche.

Le bombardement de la maison Brunet à la Croix-Rousse.

Le patronat juge que la bonne conjoncture économique a fait augmenter de manière excessive les salaires des ouvriers et prétend leur imposer une baisse. En résulte un conflit, des grèves, dont les meneurs sont arrêtés et traduits en justice. Leur procès commence le 5 avril, au moment où la Chambre des pairs discute d'une loi destinée à durcir la répression contre les associations républicaines (Voir l'article Grandes lois sous la monarchie de Juillet). Les républicains parviennent à créer un amalgame entre les associations politiques, qui sont en réalité visées par ce texte, et les associations mutuelles ouvrières auxquelles les canuts lyonnais sont très attachés. Aussi, le 9 avril, des milliers d'artisans se soulèvent tandis que les meneurs édictent des « ordres du jour » qu'ils n'hésitent pas à dater du « 22 germinal an XLII de la République ».

L'armée occupe la ville et les ponts. Rapidement les premières fusillades éclatent avec la troupe, qui tire sur la foule désarmée. Aussitôt, les rues se couvrent de barricades. Les ouvriers organisés prennent d'assaut la caserne du Bon-Pasteur et se barricadent dans les quartiers en en faisant de véritables camps retranchés, comme à La Croix-Rousse. C'est le début de la « Sanglante semaine ».

Adolphe Thiers, ministre de l'Intérieur, va appliquer une tactique qu'il rééditera en 1871 pour écraser la Commune de Paris : se retirer de la ville, l'abandonner aux insurgés, l'encercler, puis la reprendre.

Le 10 avril, de nouvelles fusillades ont lieu avec la troupe. Les insurgés s'emparent du télégramme[réf. nécessaire][note 1], du quartier de la Guillotière, puis de Villeurbanne où les casernes sont prises. Le drapeau noir flotte sur Fourvière, Saint-Nizier et l'Antiquaille.

Le 11 avril, les combats se poursuivent. Le quartier de la Croix Rousse est bombardé par la troupe qui a reçu des renforts, tandis que des tentatives d'insurrection éclatent à Saint-Étienne et à Vienne.

Le 12 avril, la troupe attaque et prend le quartier insurgé de la Guillotière, après avoir détruit de nombreuses maisons avec l'artillerie.

Le 14 avril, l'armée reconquiert progressivement la ville et attaque pour la troisième fois le quartier de la Croix-Rousse, massacrant de nombreux ouvriers.

Le 15 avril marque la fin de la Sanglante semaine à Lyon. La deuxième grande insurrection des Canuts est matée dans le sang. Plus de 600 victimes sont à déplorer[15]. 10 000 insurgés faits prisonniers seront jugés dans un « procès monstre » à Paris en avril 1835, et seront condamnés à la déportation ou, comme Charles Lagrange, à de lourdes peines de prison.

Les insurrections des Voraces (1848 et 1849)

Une troisième insurrection aura lieu en février 1848, après l’abdication de Louis-Philippe et la proclamation de la République. Les Voraces prennent possession de l’Hôtel de Ville, de la Préfecture et des forts de la Croix-Rousse.

Les mêmes Voraces mèneront une quatrième insurrection en juin 1849, en écho au soulèvement des républicains parisiens (cf. journée du 13 juin 1849). Circonscrite sur le faubourg Croix-Rousse, elle sera violemment réprimée par l'armée.

Incidences

La révolte des canuts a fait naître dans la conscience ouvrière le sentiment d'une réelle communauté d'intérêts. Et c'est le point de départ d'une ère revendicative, que la détresse physique et morale des ouvriers dans cette période de capitalisme naissant devait accentuer, comme en témoigne le célèbre mémoire du docteur Louis René Villermé à l'Académie des sciences morales et politiques.

La révolte des canuts a influencé les grands mouvements de pensée sociale : les Saint-Simoniens, Karl Marx, Fourier, Proudhon[16] ou certains acteurs du catholicisme social[17] comme Frédéric Ozanam[18] et Antoine Chevrier.

Les révoltes ouvrières lyonnaises continuèrent de secouer la ville. Durant l'été 1869, 2 000 ouvrières « ovalistes » se mettent en grève pour demander une augmentation de leur salaire et une diminution de leur temps de travail[19]. Cette grève, qui a duré 2 mois, a marqué l’éveil du monde féminin à la politique et au mouvement ouvrier.

Quelques années plus tard, en 1899, c'est dans une ville profondément marquée par son passé ouvrier que Marie-Louise Rochebillard donnera naissance aux premiers syndicats féminins[20].

Après les révoltes

Après les révoltes, certains soyeux cherchent à produire ailleurs qu'en ville. L'émigration des métiers vers les campagnes s'accentue (en milieu rural, le métier à domicile est un complément aux revenus de la terre). Les ouvriers étant disséminés, les donneurs d'ordre évitent ainsi le risque de rébellion.

Le 14 octobre 1832, trois jours après sa nomination en tant que ministre de l'instruction publique, Guizot écrit à M. de Baranthe : « Il est plus aisé de reconstruire Lisbonne sur un sol brulant et tremblant[note 2] que de raffermir une société ébranlée. C'est là pourtant ce que nous entreprenons. M. Périer a arrêté le désordre matériel ; mais le désordre politique, le désordre intellectuel, ceux-là restent et il faut les dompter. » Ayant comme but le « gouvernement des esprits », il rédigera l'année suivante la loi qui portera son nom assignant au système éducatif, qu'il généralise au passage, en premier lieu le rôle de « l'instruction morale et religieuse ». Guizot écrit aux instituteurs le 16 juillet 1833 : « L'instruction primaire universelle est désormais une des garanties de l'ordre et de la stabilité sociale. »[21]

En 1851, le maréchal de Castellane ne souhaite pas voir se rééditer la prise des forts lyonnais par des émeutiers. Il éloigne donc les troupes mais pas trop. Il crée ainsi le camp de Sathonay, à quelques kilomètres de la Croix-Rousse. La voie ferrée entre Sathonay et la Croix-Rousse (la Ligne Lyon - Trévoux) complète le dispositif en 1861.


Annexes

Bibliographie

  • Mélanges occitaniques, 1831, volume 4, pp. 94-95.
  • Fernand Rude, L'insurrection lyonnaise de novembre 1831 ; le mouvement ouvrier à Lyon de 1827 à 1835, Anthropos, 1969, Paris, 785 p.
  • Jacques Perdu, La Révolte des canuts, Spartacus, 1974
  • Fernand Rude, La Révolte des canuts, 1831-1834, La Découverte, 2001
  • Guy Antonetti, Louis-Philippe, Paris, Librairie Arthème Fayard, 2002 (ISBN 2-213-59222-5)
  • Guillaume Roquille, Breyou et so disciplo, Poëmo Burlesquo, In sié chants et in vars patuais[22], 1836, Bulletin S.E.H.T.D., 5.1989
  • Blaise Marie-Christine et Collonges Bernard, L'insurrection lyonnaise de 1834, Lyon, Aléas, 2007 (ISBN 978-2-84301-181-8)

Articles connexes

Liens externes

Notes et références

Notes

  1. La tour du télégraphe Chappe
  2. En référence au grand tremblement de terre qui ravagea Lisbonne en 1755

Références

  1. « La soie représente en 1835 un tiers des exportations d’objets manufacturés de la France ». Source : Histoire de la coopération à Lyon et en France
  2. a, b et c Grande encyclopédie Larousse, 1972, p. 2282-83
  3. aujourd’hui lycée professionnel
  4. Elle ne sera intégrée à Lyon qu'en 1852.
  5. Combat du pont Morand
  6. Le général Baudrand, aide de camp du duc d'Orléans, écrit le 2 décembre 1831, reflétant sans doute l'opinion des Tuileries : « la misère [...] il y a beaucoup d'exagération dans ce qu'on en dit. Elle a été plus grande dans d'autres temps et n'a pas produit de tels résultats. » (cité par Guy Antonetti, Louis-Philippe, p. 674)
  7. « Le grand point [...], écrit-il à Soult, c'est d'entrer dans Lyon sans coup férir et sans condition. [...] Il faudra de la sévérité. [...], mais vous savez pourtant que quand je dis sévérité, ce n'est pas d’exécution que je veux parler, et ce n'est pas à vous que j'ai besoin de le dire. » (Louis-Philippe à Soult, 29 novembre 1831, cité par Guy Antonetti, Louis-Philippe, p. 673) « Il faut éviter les mesures acerbes, et toi surtout t'en abstenir. » (Louis-Philippe au duc d'Orléans, 29 novembre 1831, ibidem)
  8. « Il est bien clair, selon moi, qu'il s'entendait d'avance avec les meneurs, et qu'il n'agissait pas loyalement avec son gouvernement avant les événements. » (cité par Guy Antonetti, Op. cit., p. 673)
  9. « Le tarif est un point délicat sur lequel je crois qu'il faut aller doucement et bien peser ce qu'on fait. Je ne puis donner d'autre conseil, car je manque de données. Tu dois en parler le moins possible. » (Louis-Philippe au duc d'Orléans, 30 novembre 1831, cité par Guy Antonetti, Op. cit., p. 673)
  10. C'est la répression de la deuxième insurrection des canuts, celle de 1834, qui sera sanglante : voir infra.
  11. Louis-Philippe apprend la nouvelle alors qu'il est en compagnie de Casimir Perier, pour qui il n'éprouve aucune sympathie personnelle : « Il en est résulté, écrit-il à son fils, une embrassade spontanée que je voudrais que tu eusses pu voir. » (cité par Guy Antonetti, Op. cit., p. 674)
  12. Jean Paul Gaston de Pins, évêque de Limoges (1822-1824), fut nommé en 1824 administrateur apostolique de l'archidiocèse de Lyon et reçut à cette occasion le titre d'archevêque d'Amasie in partibus infidelium. L'archevêque titulaire demeurait le cardinal Fesch, oncle de Napoléon Ier, qui avait refusé de démissionner et vivait à Rome.
  13. cité par Guy Antonetti, Op. cit., p. 674
  14. Le ministre de l'Intérieur, le comte d'Argout, écrit au roi le 9 septembre 1833 : « Je viens de voir M. Fulchiron qui arrive de Lyon. La fabrique est dans un état de prospérité vraiment fabuleuse. Les commandes de l'Amérique sont immenses. Les ouvriers gagnent six et sept francs par jour. Cela est trop. Ils sont du reste fort tranquilles et cela se conçoit facilement. » (cité par Guy Antonetti, Louis-Philippe, p. 720) Tout au plus, à la suite de la tentative, le 1er février 1834 de quelques centaines de révolutionnaires italiens, allemands et polonais, venus de Genève et de Grenoble, de faire un coup de force républicain en Savoie, d'Argout signale-t-il au roi, à propos des activistes grenoblois : « Ce sont des Savoyards arrivés depuis quelque temps à Grenoble et quelques républicains français. M. Gasparin m'écrit que 1 200 républicains lyonnais s'étaient organisés pour soutenir le mouvement de la Savoie s'il eût réussi. » (ibidem)
  15. D'après le site rebellyon.info, « site d'infos alternatives lyonnaises ». Selon Guy Antonetti (Op. cit., p. 722) : « Il y a eu cent à deux cents morts de part et d'autre. »
  16. Bruno Benoit, L'identité politique de Lyon, 1999, L'Harmattan
  17. Semaines Sociales de France - Lettre 37 (janvier 2005) : Lyon, haut lieu du catholicisme social
  18. Gérard Cholvy : Frédéric Ozanam, l'engagement d'un intellectuel catholique au XIXe siècle, Paris, Édition Fayard, 2003
  19. Claire Auzias, La Grève des ovalistes. Lyon, juin-juillet 1869, 1982, Payot
  20. Joceline Chabot, Les débuts du syndicalisme féminin chrétien en France (1899-1944), 2003, PUL
  21. Comment l'école devint une affaire d'Etat. (1815-1840), Christian Nique, p.110
  22. texte en lyonnais, langue populaire parlée par les canuts
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