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Roi des animaux
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Le roi des animaux est l'espèce animale qui est placée, dans l'univers symbolique d'une culture, au sommet ou au-dessus de la faune connue de cette culture. Il s'agit habituellement de l'animal réputé pour ne pouvoir être vaincu par aucun autre, ce qui réduit l'éventail des animaux bénéficiant de ce statut. La supériorité qui est attribuée au roi des animaux peut inciter à des formes de vénération et de superstition, mais au cours du temps, l'occupant du trône peut aussi déchoir et être remplacé.
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Par continent
Par continent, les rois des animaux communs sont :
- En Afrique : le lion ou l'éléphant, parfois le rhinocéros ou le léopard ;
- En Amérique du Nord et en Amérique du Sud : l'aigle et l'ours. Il semblerait aussi que le jaguar et le puma aient une certaine importance dans les régions où ils sont présents ;
- En Asie : le lion ou l'éléphant, le tigre dans les zones où il est présent ;
- En Europe : l'ours jusqu'au Moyen Âge[1] (Germains et Slaves, Celtes auparavant), puis le lion.
Lion
Le grade de roi des animaux offert au lion remonte au jaque, bestiaire antique écrit en grec au IIe ou IIIe siècle à Alexandrie, puis traduit en latin au IVe siècle. Le lion est le premier animal décrit, ce qui lui confère sa place de roi des animaux. Assimilé au Christ durant le Moyen Âge, c'est du même Physiologus que sont issues les trois caractéristiques attribuées au lion au Moyen Âge[2] : il se tient en haut des montagnes, ses yeux sont ouverts même lorsqu'il dort et réanime ses lionceaux morts-nés au bout de trois jours.
Le lion est assimilé à la royauté dès les premières civilisations indo-européennes. Le lion prend l'image de la royauté et du soleil et se développe dans tout le Proche-Orient. Cette association se retrouve autant dans les lions sculptés sur le trône des monarques hittites, que ceux figurant sur les bas-reliefs de l'art de Suse et de Persépolis. Dans l’art assyrien, de nombreuses chasses aux lions visaient à glorifier le roi, maître des bêtes[Note 1],[3]. En Égypte antique, le sphinx, lion à tête d'homme, est d'abord une représentation du pharaon qu'il garde et protège[4].
Le lion a été mis en scène comme roi des animaux dans le Roman de Renart, les fables de Jean de la Fontaine et plus récemment dans Le Roi lion des Studios Disney.
Tigre
À l'image du lion dans la culture occidentale, le tigre est considéré comme le roi des animaux en Chine[5].
Ours
Chez les peuples germaniques et scandinaves à l'époque du paganisme nordique, l'ours est célébré pour sa force, son courage et son invincibilité, considéré comme le roi des animaux, mais aussi attribut des puissants et objet de rituels[6], et même intermédiaire entre les mondes humain et animal en raison de ses ressemblances avec l'homme[7].
Au VIIIe siècle, les cultes et vénérations de l'ours étaient qualifiés de « frénétiques » et « démoniaques » en Saxe et dans les régions avoisinantes[8],[9]. Saint Boniface, évangélisateur de la Germanie, a ainsi mentionné avec horreur à son retour de Saxe ces rituels païens consistant à se déguiser en ours, à boire le sang de cet animal et à manger sa chair avant les batailles, afin de voir sa puissance transmise symboliquement[10]. Michel Pastoureau défend une thèse selon laquelle l'ours fut considéré comme le roi des animaux partout en Europe jusqu'au XIIe siècle, notamment chez les Celtes, Germains, Slaves, Scandinaves et Baltes, avant sa diabolisation par les autorités chrétiennes qui installèrent le lion sur le trône animal à sa place, dans le but de lutter contre les pratiques païennes associées à l'ours, mais aussi pour effacer un animal qui « se posait en rival du Christ »[11].
Léopard
Le léopard est préféré au lion comme le roi des animaux par certaines tribus africaines. Comme le lion, il est ridiculisé dans les légendes par des animaux plus faibles, comme la tortue, le lièvre ou la gazelle[12].
Dans le royaume de Dahomey, le souverain était nommé « le léopard » et portait des peaux de léopards. Le commerce de ces peaux était très actif. D'autres chefs de tribus gardaient des léopards captifs auprès d'eux et pouvaient en apprivoiser pour les garder auprès d'eux lors des séances publiques[12].
Dans certaines tribus bantoues et particulièrement au Congo-Kinshasa, le léopard était considéré comme un animal rusé, puissant et résistant. C'est la raison pour laquelle le président Mobutu Sese Seko portait la toque et certains attributs de léopard qui le rendaient puissant aux yeux de la population. Mobutu Sese Seko était d'ailleurs surnommé « Le léopard de Kinshasa ». Un léopard fait maintenant partie des armoiries du pays.
Éléphant
Aigle
Rhinocéros
Notes et références
Notes
- Et permettaient également de représenter la défaite de l'ennemi
Références
- Bestiaire du Moyen Âge: L'ours, Exposition du 11 octobre 2005 au 8 janvier 2006, Bibliothèque nationale de France
- (fr) Robert Favreau, « Le thème iconographique du lion dans les inscriptions médiévales », dans Comptes-rendus des séances de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, vol. 135, no 3, 1991, p. 613-636 [texte intégral (page consultée le 12 décembre 2009)]
- (fr) Marcel Brion, Les animaux, un grand thème de l'Art, Paris, Horizons de France, 27 octobre 1955
- (fr) A. Dessenne, « Le Sphinx », dans Syria, vol. 35, no 35, 1958, p. 361-363 [texte intégral (page consultée le 6 décembre 2009)]
- (en) Tiger Culture sur Save China's Tiger, Save China's Tiger. Consulté le 5 avril 2009 (en)
- (en) Hilda Roderick Ellis Davidson, Myths and symbols in pagan Europe : early Scandinavian and Celtic religions, Manchester, Manchester University Press ND, 1988, 268 p. (ISBN 9780719025792), p. 79-80
- Pastoureau 2007, p. 13.
- Pastoureau 2007, p. 11.
- Pastoureau 2007, p. 12.
- (de) Michaël Tangl, Die Briefe des heiligen Bonifatius und Lullus, Berlin, 1916, p. 130
- Pastoureau 2007, p. 14.
- Christine et Michel Denis-Huot, Les princes de la savane : Léopards & Guépards, White Star, septembre 2006, « L'ère des pards », p. 14–27.
Bibliographie
- Michel Pastoureau, L’Ours. Histoire d’un roi déchu, Seuil, 2007, 430 p.
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