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Scrutin uninominal majoritaire à un tour
Parmi les systèmes électoraux, le scrutin uninominal majoritaire à un tour est le vote le plus simple que l'on puisse rencontrer.
L'électeur doit choisir un candidat parmi plusieurs. On compte alors le nombre de voix obtenues par chaque candidat. Celui qui recueille le plus de voix (majorité relative) remporte les élections.
Utilisation
Ce système de vote est utilisé pour l'élection du président de la république dans certains pays (Mexique, Kenya, Philippines, Zambie, Corée du Sud, Malawi, Islande, Togo).
On le retrouve aussi lors d'élections parlementaires ou législatives dans le vote par circonscriptions comme au Royaume-Uni et au Canada.
Avantages et inconvénients
L'extrême simplicité de ce vote permet une mise en place économique.
Cependant, elle permet l'élection d'un représentant qui peut se révéler minoritaire (une majorité d'électeurs ayant voté contre lui ou n'ayant pas voté pour lui).
Exemple : Lors d'une élection, le candidat A recueille 25 % des voix, le candidat B 20 % des voix, le candidat C 19 % des voix, le candidat D 18 % des voix et le candidat E 18 % des voix. Le candidat A est élu avec 75 % des électeurs dans l'opposition.
Ce fut le cas par exemple en 1993 au Vénézuela, alors que Rafael Caldera a été élu à la présidence avec 30,5 % du vote populaire. Il en fut de même aux élections de mai 1992, où Fidel Ramos, le Président des Philippines, a été élu, dans une lutte qui l'opposait à six autres candidats, avec seulement 24 % des suffrages exprimés.
Un autre exemple, où voici les choix des électeurs (d'une population de 13) par ordre de préférence :
- 5 électeurs choisissent A (1er choix) puis B puis C,
- 4 électeurs choisissent B puis C puis A,
- 4 électeurs choisissent C puis B puis A.
Avec ce système, A est élu même si 8 des 13 électeurs lui préfèrent B et 8 des 13 électeurs lui préfèrent C.
De plus, ce qui est reproché à ce système de vote est la représentation non-proportionnelle des partis par rapport au nombre de votes ainsi qu'une favorisation aux grands partis politiques au détriment des plus petits.
Si l'on prend exemple sur l'élection fédérale canadienne de 2011, le Parti Conservateur du Canada a remporté 53,90 % des sièges malgré le support de seulement 39,62 % des canadiens. Cela signifie que, puisque ce parti a plus de 50 % des sièges, il est en majorité parlementaire malgré le support d'une minorité de canadiens.
Pour ce qui est des autres partis, le Nouveau Parti Démocratique a remporté 33,44 % des sièges alors qu'il a reçu l'appui de 30,63 % des électeurs. Même si ce parti a une représentation plutôt proportionnelle, c'est tout le contraire pour les autres partis: Le Parti Libéral du Canada a remporté seulement 11,04 % des sièges malgré l'appui de 18,91 % des électeurs canadiens. Le Bloc Québécois n'a remporté que 1,3 % des sièges malgré l'appui de 6,04 % des électeurs, soit environ 5 fois moins de sièges. Et c'est encore pire pour le Parti Vert du Canada qui n'a remporté que 0,32 % des sièges malgré le vote de plus de 3,91 % des électeurs, soit 12 fois moins de sièges.
Vous remarquerez que les partis qui ont reçu beaucoup de votes, donc les grands partis, remportent plus de sièges en proportion avec les votes reçus alors que ceux qui en ont reçu moins, donc les plus petits partis, remportent proportionnellement moins de sièges.
Ce sont les raisons pour lesquelles on préfère souvent un scrutin uninominal majoritaire à deux tours, ou un autre système de vote pondéré.
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