Seconde guerre de Tchétchénie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : Navigation, rechercher
Seconde guerre de Tchétchénie
Tchetchenie.png
Carte de la Tchétchénie et des autres régions du Caucase
Informations générales
Date Octobre 1999 - mai 2000 (opérations jusqu'en avril 2009)
Lieu Tchétchénie, Daghestan
Issue Victoire russe
Belligérants
Flag of Russia.svg Fédération de Russie
Flag of Chechen Republic before 2004.svg Loyalistes tchétchènes
Flag of Chechen Republic of Ichkeria.svg République tchétchène d'Itchkérie
Flag of the Caucasian Emirate.svg Émirat du Caucase
Flag of Jihad.svg Moudjahidines
Commandants
Flag of Russia.svg Vladimir Poutine
Flag of Russia.svg Gennadi Trochev
Flag of Russia.svg Alexandre Baranov
Flag of Russia.svg Valentin Korabelnikov
Flag of Chechen Republic before 2004.svg Akhmad Kadyrov
Flag of Chechen Republic before 2004.svg Ramzan Kadyrov
Flag of Chechen Republic before 2004.svg Djabrail Iamadaev †
Flag of Chechen Republic before 2004.svg Soulim Iamadaev †
Flag of Chechen Republic before 2004.svg Ruslan Iamadaev †
Flag of Chechen Republic before 2004.svg Said-Magomed Kakiev
Flag of Chechen Republic of Ichkeria.svg Aslan Maskhadov
Flag of Chechen Republic of Ichkeria.svg Abdoul-Khalim
Flag of Chechen Republic of Ichkeria.svg Rouslan Guélaev
Flag of Chechen Republic of Ichkeria.svg Chamil Bassaïev
Flag of the Caucasian Emirate.svg Dokou Oumarov
Flag of the Caucasian Emirate.svg Aslambek Vadalov
Flag of the Caucasian Emirate.svg Ilyas Gorchkhanov †
Flag of the Caucasian Emirate.svg Akhmed Yevloyev White flag icon.svg
Flag of the Caucasian Emirate.svg Rasul Makasharipov†
Flag of the Caucasian Emirate.svg Rappani Khalilov †
Flag of the Caucasian Emirate.svg Ilgas Malachiyev †
Flag of the Caucasian Emirate.svg Muslim Atayev †
Flag of the Caucasian Emirate.svg Alan Digorsky †
Flag of Jihad.svg Ibn Al-Khattab
Flag of Jihad.svg Abu al-Walid
Flag of Jihad.svg Abu Hafs
Flag of Jihad.svg Muhannad
Forces en présence
93 000 11 000
Pertes
plus de 6 000 tués et blessés 13 000 rebelles tués (sources russes)

La Seconde guerre de Tchétchénie (ou Deuxième guerre de Tchétchénie) est un conflit armé qui opposa l'armée fédérale russe aux indépendantistes tchétchènes du 1er octobre 1999 au 1er février 2000, jour de la prise de Grozny, la capitale de la république, par les troupes russes. Des opérations de contre-insurrection perdurent jusqu'au 16 avril 2009[1].

Sommaire

Contexte

Combattants tchétchènes priant à l'extérieur du palais présidentiel de Grozny en décembre 1994

Le premier conflit qui a embrasé la petite république de Tchétchénie, située dans le Caucase du Nord russe, s'est achevé une première fois en novembre 1996. Aslan Maskhadov, chef de l’armée tchétchène séparatiste et Alexandre Lebed, général des forces armées de la fédération de Russie ont signé les accords de Khassaviourt, qui ne prévoyaient cependant aucune indépendance formelle immédiate pour la Tchétchénie. En janvier 1997, le président russe Boris Eltsine avait autorisé l’élection présidentielle en Tchétchénie avec la participation comme candidats des anciens combattants, y compris les criminels de guerre. Aslan Maskhadov est élu avec 54 %.

Mais Maskhadov n'arrive pas à maîtriser ses chefs de guerre qui réclamèrent l’instauration d'un Caucase islamique destiné à regrouper toutes les républiques voisines, à l'image de l'ancienne Circassie démantelée au XIXe siècle lors de la Guerre du Caucase. Ils organisèrent des intrusions armées souvent sous forme d'attaques et d'attentats contre les civils russes en Tchétchénie et surtout dans les régions voisines.

Les éléments les plus radicaux, dirigés par les chefs de guerre Chamil Bassaïev et Salman Radouïev, commirent alors des attentats considérés par les Russes comme terroristes, non seulement contre les troupes russes, mais aussi contre les populations civiles des républiques autonomes et des régions russes limitrophes. Ainsi, deux ans après les accord de paix, des attentats terroristes ont endeuillé plusieurs villes de Russie, y compris à Moscou faisant 293 morts. Ils ont été attribués par les autorités russes aux indépendantistes tchétchènes, ces derniers y voyant une manipulation[2]. À cela s'ajoutent les incursions des troupes de l'indépendantiste wahhabite Chamil Bassaïev dans la république du Daghestan voisine.

Déroulement de la guerre

Combattants tchétchènes dans les rues de Grozny en janvier 1995

Pour rétablir l'ordre constitutionnel fédéral, l'armée russe intervenait dans la république séparatiste avec 80 000 hommes le 1er octobre 1999. La seconde guerre (officiellement appelée « opération anti-terroriste ») commençait. Ayant rapidement rétabli le contrôle du nord de la République (les plaines au nord de la rivière Terek), l'opération dans le sud montagneux se solda par un lent succès suite aux combats acharnés. Le bilan fut plus meurtrier que lors du premier conflit. Finalement, après des bombardements intensifs, la ville de Grozny tomba après un siège qui dura du 25 décembre 1999 au 6 février 2000. Vladimir Poutine rétablit l'autorité de Moscou dans la totalité du territoire de la République, mais la guérilla séparatiste continua jusqu'en 2006, voire plus tard.

Les statistiques officielles russes recensaient 4 280 morts et 12 368 blessés. Vladimir Poutine affirma que l'armée russe avait tué plus de 13 000 combattants tchétchènes.

La communauté internationale, et en particulier le Conseil de l'Europe, ont demandé de manière timide une solution pacifique. Certains médias internationaux et plusieurs autres associations (dont Amnesty International et le Comité Tchétchénie) ont réclamé de la communauté internationale, et en particulier des gouvernements américains et européens, une action diplomatique auprès du gouvernement russe pour mettre fin à de supposées violations des droits de l'homme imputables aux militaires de l'armée fédérale et des milices tchétchènes pro-fédérales, en absence de recours judiciaires réels. Ils exigèrent également la médiation internationale afin que s'établissent des négociations entre les nouvelles autorités tchétchènes et les séparatistes. Son refus de négocier avec les rebelles, Poutine le justifie par un principe universel : « On ne négocie pas avec les terroristes et les criminels ». Il appelle les occidentaux à ne pas faire preuve de « double morale ».

Aslan Maskhadov, le leader de l'armée séparatiste tchétchène

Immédiatement après la fin des opérations militaires majeures, le président Poutine réaffirma les bases de la nouvelle politique de Moscou en Tchétchénie : transfert du maintien de l’ordre à la milice locale, élection d’un président et d’un parlement au suffrage universel, traité de délimitation des pouvoirs entre la Fédération de Russie et la République de Tchétchénie et reconstruction. Environ 7 000 combattants (selon les sources russes, cependant le gouvernement tchétchène nie toutes ces affirmations) ont été amnistiés. Mais malgré les assurances de normalisation de la part du Kremlin, quelques groupes de combattants séparatistes armés n'ont pas déposé leurs armes et continuent toujours, de façon sporadique, à mener des actes de résistance.

En 2005, plus de 200 combattants indépendantistes ont été désarmés, selon le chef du FSB, Nikolaï Patrouchev. Selon la déclaration du président tchétchène Alou Alkhanov faite le 25 décembre 2005, la diminution sensible des activités des combattants atteinte en 2005, grâce, notamment, à la neutralisation de leurs chefs, permettrait maintenant de réduire encore les effectifs des forces fédérales dans la république, les organes de l'ordre locaux étant dorénavant aptes à garder la situation en Tchétchénie sous leur contrôle. La mort d'Aslan Maskhadov le 8 mars 2005 a porté un coup dur à la logistique des rebelles. Les attaques contre les forces fédérales prennent de plus en plus un caractère sporadique et moins coordonné.

Après la mort de Sadoullaïev, Dokou Oumarov devient le chef du mouvement séparatiste. En dépit de la mort de plusieurs chefs indépendantistes, les affrontements entre les forces de l'ordre, troupes russes ou milices locales, et la rébellion restent fréquents. Selon une source proche de l'État-major régional des Forces fédérales, il y aurait encore entre 1 000 et 1 500 combattants séparatistes en activité.

Le 16 avril 2009, le régime d'opération dit antiterroriste en vigueur en Tchétchénie depuis 1999 a été levé[3].

Selon les organisations non-gouvernementales, le nombre de civils qui ont péri pendant les 2 guerres est estimé entre 100 000 et 300 000.

Fait divers

Aïzan Gazoueva, une jeune tchétchène faisant partie du groupuscule armé « Les veuves noires » est devenue en 2001 une figure mythique pour le mouvement séparatiste. Alors qu'elle n'avait que 18 ans, cette jeune mariée se fit exploser auprès du général Gadjiev et de ses hommes. Par cet acte, elle souhaitait venger à la fois son époux, son oncle et un de ses frères « disparus » après une rafle dirigée par cet officier[4]. La capitale russe a été le théâtre de 25 attentats terroristes, constate Kavkazski Ouzel, un site de défense des droits de l’homme consacré au Caucase. Dix d’entre eux ont été l’œuvre de kamikazes. Huit se sont produits dans le métro. En tout, 592 personnes ont péri et 824 ont été blessées. Le premier attentat dans le métro moscovite a eu lieu en 1977. Les auteurs, des Arméniens d’Erevan, réclamaient le rattachement du Haut-Karabagh à l’Arménie. Ils ont été jugés et exécutés en 1979.

Annexes

Articles connexes

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes

Notes et références

  1. Erreur dans la syntaxe du modèle Article(en) BBC, « Russia 'ends Chechnya operation' », dans BBC [texte intégral] 
  2. article Wikipedia Russian_apartment_bombings
  3. (fr) URGENT Tchétchénie: levée du régime d'opération antiterroriste, RIA Novosti, 16 avril 2009
  4. MOUN.com

mentions légales Wikipédia
logo wikimediapolitique de confidentialité à propos de Wikipédia avertissements contacts logo wikimediafaire un don

Seconde guerre de Tchétchénie . Wikipédia


La Seconde guerre de Tchétchénie (ou Deuxième guerre de Tchétchénie ) est un conflit armé qui opposa l'armée fédérale russe aux indépendantistes tchétchènes du 1 er octobre 1999 au 1 er février 2000...

La seconde guerre de Tchétchénie : les aspects politico-militaires . Centre


AFRI Rubriques Crises et conflits internationaux La seconde guerre de Tchétchénie : les (...). AFRI 2001, volume II . La seconde guerre de Tchétchénie : les aspects politico-militaires. Résumé. De l...

Seconde guerre de Tchétchénie


Seconde guerre de Tchétchénie. En 2004 les autorités russes ont fait des annonces sur la normalisation en Tchétchénie . La guerre menée contre les indépendantistes dans cette petite république du...
Plus d'infos Sur le web

  • La Seconde guerre de Tchétchénie (ou Deuxième guerre de Tchétchénie) est un conflit armé qui opposa l'armée fédérale russe aux ...
    14 Kio (1 758 mots) - 25 avril 2012 à 02:46

  • montagnes du Caucase et la vallée de Tchétchénie, dans le District ... hostilités de la Première guerre de Tchétchénie (Accords de Khassaviourt). ...
    68 Kio (8 716 mots) - 13 mai 2012 à 13:07

  • (né le 13 avril 1964 à Kharsenoi , Tchétchénie ) fut, à partir de mars 2005, le ... Seconde guerre de Tchétchénie : aux côtés de Guelaïev à ...
    22 Kio (2 977 mots) - 24 avril 2012 à 19:09

  • renommée dans la première guerre de Tchétchénie , qui permit ... Seconde guerre de Tchétchénie (1999-2000) : Seconde guerre de Tchétchénie ...
    17 Kio (2 322 mots) - 23 avril 2012 à 21:33

  • La première guerre de Tchétchénie entre les Forces armées de la Fédération de ... En 1999, une seconde guerre de Tchétchénie éclata en ...
    9 Kio (1 002 mots) - 19 mai 2012 à 18:56

  • Europe: début de la seconde guerre de Tchétchénie . République, pour empêcher le soutien de la Tchétchénie aux islamistes du Daguestan voisin. ...
    30 Kio (3 360 mots) - 26 mai 2012 à 14:54

  • La seconde guerre de Tchétchénie (officiellement appelée « opération antiterroriste ») commence le octobre 1999. démission surprise de ...
    87 Kio (11 554 mots) - 26 mai 2012 à 17:52

  • Seconde Guerre mondiale ... démocratique et une guerre de sécession en Tchétchénie , et laisse la grande politique mondiale aux Américains et à leurs alliés. ...
    108 Kio (13 783 mots) - 24 mai 2012 à 09:52

  • d'Ossétie du Nord , d'Ingouchie , de Tchétchénie et du Daguestan ). ... Première guerre de Tchétchénie | Seconde guerre de Tchétchénie | ...
    26 Kio (3 182 mots) - 15 mai 2012 à 16:30

  • un chef de guerre islamiste connu pour ... lors des première et seconde guerres de Tchétchénie. ... Khattab était considéré par les États-Unis ...
    8 Kio (1 044 mots) - 18 mai 2012 à 16:51

  • guerre de Tchétchénie Seconde guerre de Tchétchénie | commandement ... Asie centrale, dans les Balkans et durant les guerres en Tchétchénie . ...
    4 Kio (516 mots) - 19 avril 2012 à 13:55

  • d'adultes en otage dans l'école numéro 1 de Beslan en Ossétie du Nord (fédération de Russie ) dans le cadre de la seconde guerre de Tchétchénie . ...
    25 Kio (3 421 mots) - 26 mars 2012 à 07:39

  • En 1999, au début de la Seconde guerre de Tchétchénie , ils sont massivement revenus dans la vallée du Pankissi, nombre d'entre eux étant ...
    2 Kio (319 mots) - 13 décembre 2011 à 21:11

  • Elle poursuit son travail d'investigation durant la Seconde guerre de Tchétchénie , où les crimes et enlèvements arbitraires sont de ...
    3 Kio (377 mots) - 24 juin 2011 à 21:57

  • Fédération de Russie à Naltchik , capitale de Kabardino-Balkarie , les 13 et 14 octobre 2005 dans le cadre de la seconde guerre de Tchétchénie . ...
    5 Kio (691 mots) - 27 février 2012 à 00:20

  • (1999) Seconde guerre de Tchétchénie | occupation Emir des ... djihadiste jordanien, qui dirigeait le bataillon des Moudjahid arabes en Tchétchénie . ...
    4 Kio (505 mots) - 27 février 2012 à 00:15

  • Il fut mis en service dans les rangs des OMON et des Spetsnaz durant la Seconde guerre de Tchétchénie . Son surnom Groza signifie orage ...
    1 Kio (175 mots) - 14 octobre 2011 à 12:43

  • Moudjahid arabes en Tchétchénie depuis le décès d'Abou Hafs al-Urduni en novembre 2006 . ... de la Seconde guerre de Tchétchénie (1999-2000). ...
    8 Kio (1 049 mots) - 27 février 2012 à 00:35

  • d'adultes en otage dans l'école numéro 1 de Beslan en Ossétie du Nord (fédération de Russie ) dans le cadre de la seconde guerre de Tchétchénie . ...
    13 Kio (1 746 mots) - 24 mars 2012 à 11:26

  • Il combattit les Forces armées de la fédération de Russie lors de la Seconde guerre de Tchétchénie (1999-2000) et aurait suivi un ...
    5 Kio (728 mots) - 27 février 2012 à 00:14