Thomas Paine

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Thomas Paine

Description de l'image  Thomas Paine.jpg.
Naissance 29 janvier 1737
Thetford
Décès 8 juin 1809 (à 72 ans)
New York
Nationalité Drapeau d'Angleterre Angleterre
Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau de France France

Thomas Paine, né le 29 janvier 1737 à Thetford en Grande-Bretagne et mort le 8 juin 1809 à New York, est un intellectuel, pamphlétaire, révolutionnaire devenu américain après avoir émigré à l’âge de 37 ans. Il est connu pour son engagement durant la Révolution américaine en faveur de l'indépendance des treize colonies britanniques en Amérique du Nord. Il a exposé ses positions dans un célèbre pamphlet intitulé Le Sens commun, publié quelques mois avant la signature de la Déclaration d’indépendance américaine en 1776.

Ses écrits, parmi lesquels figure Rights of Man (1791), ont également exercé une grande influence sur les acteurs de la Révolution française : il est élu député à l’assemblée nationale en 1792. Considéré par les Montagnards comme un allié des Girondins, il est progressivement mis à l’écart, notamment par Robespierre, puis emprisonné en décembre 1793.

Après la Terreur, il est relâché et connaît un certain succès grâce à son livre Le Siècle de la raison (The Age of Reason, 1793-1794) qui analyse le christianisme et milite en faveur du déisme. Dans Agrarian Justice (1795), il analyse les origines du droit de propriété et introduit un concept proche du revenu minimum.

Thomas Paine resta en France jusqu’en 1802, période pendant laquelle il critique l’ascension de Napoléon Bonaparte, qualifiant le Premier Consul de « charlatan le plus parfait qui eût jamais existé » [1]. Sur l’invitation du président Thomas Jefferson, il revient aux États-Unis où il meurt à 72 ans.

Sommaire

Biographie

Débuts en Angleterre

Maison de Thomas Paine à Lewes.
Statue de Thomas Paine à Thetford (Norfolk).

Thomas Paine est né en 1737 à Thetford, une bourgade du Norfolk en Angleterre. Son père, Joseph Paine, est quaker et sa mère, Frances Cocke Paine, anglicane. Il grandit dans un milieu rural modeste[2] et quitte l'école à l'âge de douze ans. Sa formation intellectuelle est donc celle d'un autodidacte. Il devient alors apprenti auprès de son père. Il travaille quelque temps comme marchand, puis ouvre une boutique de corsets à Sandwich dans le Kent. Il épouse Mary Lambert le 27 septembre 1759 et son commerce fait faillite peu de temps après. Sa femme meurt alors qu'elle est enceinte. Il exerce ensuite plusieurs métiers et déménage souvent (Thetford, Gantham, Alford, Diss, Kensington, Moorfields, Grampound).

En 1767, il exerce la profession de maître d’école à Londres. En 1768, il se fixe à Lewes dans un hôtel du XVe siècle. Le 26 mars 1771, il épouse, à l’âge de 34 ans, Elizabeth Ollive, la fille de son propriétaire. En 1772, il publie son premier écrit politique The Case of the Officers of Excise, un pamphlet de 21 pages qu’il distribue aux membres du Parlement. Endetté, séparé de sa femme, il rencontre à Londres en septembre 1774 l’Américain Benjamin Franklin qui le convainc de partir pour les Treize colonies et lui écrit une lettre de recommandation. Il quitte l’Angleterre en octobre et attrape le typhus pendant la traversée de l’Atlantique.

En Amérique

Grâce à la lettre de recommandation de Franklin, le libraire Robert Aitken l'engage pour collaborer au lancement du Pennsylvania Magazine[3], journal dont il devient ensuite le rédacteur en chef. Le 30 novembre 1774, il prend parti pour les insurgents américains. Son pamphlet Common Sense (publié anonymement en janvier 1776) remporte un vif succès (environ 500 000 exemplaires en Amérique et en Europe[4]). Il s’agit d’un plaidoyer en faveur de la rupture avec la Grande-Bretagne et l’établissement d’une République. Il aurait inspiré George Washington, Benjamin Rush et John Adams. Aucun autre pamphlet de cette époque ne souleva autant d’enthousiasme parmi les patriotes et d’opposition de la part des loyalistes[5], notamment par James Chalmers. Le Sens commun est souvent considéré comme l’un des déclencheurs de la Révolution américaine[2]. Sa forme simple et son style concis et clair en ont fait une arme efficace de propagande[6]. Thomas Paine pense que la Révolution américaine aboutira à « la naissance d’un monde nouveau » [2]. Il voit dans le gouvernement un mal nécessaire destiné à brider les vices humains. Mais pour un peuple vertueux comme est le peuple américain, des institutions peu importantes doivent suffire. Il pense que des institutions trop sophistiquées entraveraient la réalisation du bien public[7].

En avril 1776, il quitte la direction du magazine pour se consacrer à répondre aux critiques contre le Common Sense. Il envoie quatre lettres aux journaux de Philadelphie sous le pseudonyme de Le Forestier. Dans la troisième publiée par le Pennsylvania Packet le 22 avril 1776, il montre aux Américains tous les avantages d'être indépendants. L'indépendance procurera le bonheur aux Américains car "c'est une feuille blanche à remplir[8]." Les Américains sont pour lui un peuple libre et vertueux qui peut s'affranchir du passé. L'idée d'indépendance devient le moyen d'accéder à une vie fondée sur la vertu, idéal suprême de bien des patriotes[8].

Dans The American Crisis (1776-1783), une série de pamphlets dans le prolongement du Sens commun, Thomas Paine encourageait les Américains à résister et à continuer la guerre contre la monarchie anglaise. Le commandant de l’Armée continentale, George Washington, ordonna la lecture de ces pamphlets aux soldats pour leur donner du courage[9]. Thomas Paine assura quelque temps la charge de Secrétaire de la Commission des Affaires étrangères aux États-Unis[2] ; il fut démis de cette fonction parce qu’il avait évoqué les négociations secrètes avec la France dans l’un de ses pamphlets. Cependant, il accompagna John Laurens pendant sa mission en France en 1781. En récompense de ses services, l’État de New York donna à Thomas Paine un domaine à New Rochelle, New York. Il fut également rétribué par la Pennsylvanie et le Congrès américain.

Retour en Angleterre

Revenu en Grande-Bretagne en 1787, il salue avec enthousiasme la Révolution française et, en réplique aux attaques d’Edmund Burke contre celle-ci dans Réflexions sur la Révolution de France, il achève Rights of Man le 29 janvier 1791 (publié en 1791-1792), dans lequel il critique la monarchie anglaise et propose une réforme de l’impôt. Il est condamné en 1792 et contraint de s’exiler en France[2].

En France

Jacques-Louis David, Le serment du jeu de paume : l’assemblée nationale.

Thomas Paine est proclamé citoyen français[10] le 24 août 1792 et élu député du Pas-de-Calais à la Convention le 6 septembre 1792[2]. Il s’enthousiasme pour la Révolution française et s’engage en faveur de la République. Il ne vote pas la mort du roi, mais propose qu’il soit exilé aux États-Unis, car il a aidé les Insurgents pendant la guerre d’indépendance, et parce que Paine est contre la peine de mort. Ami des Girondins et d’origine anglaise, il est victime de la Terreur et se trouve incarcéré le 28 décembre 1793[2]. Il reste dix mois en prison où il finit la rédaction du Siècle de la raison, livre dans lequel il exprime sa profession de foi déiste. Il se défend d’être anglais et en appelle à l’ambassadeur américain le gouverneur Morris, qui ne fait rien pour le libérer. Thomas Paine en voulut également à George Washington de ne pas être intervenu en sa faveur. En juillet 1795, Thomas Paine est réadmis comme député à la Convention et participe aux débats sur la nouvelle Constitution fondant le Directoire. Il espère que Napoléon va diffuser les idéaux révolutionnaires en Europe, notamment dans son pays natal l’Angleterre[2]. Puis il déchante lorsque le Premier Consul établit un régime autoritaire. Paine demeure en France jusqu'à la Paix d'Amiens (25 mars 1802) signée avec l’Angleterre, ce qui lui permet de quitter la France pour rejoindre les États-Unis, à l’invitation de Thomas Jefferson.

Retour aux États-Unis

Monument à Thomas Paine, à New Rochelle.

En 1802, Thomas Paine débarque dans un pays agité par les conflits politiques entre Fédéralistes et Républicains, et dans un contexte de Grand Réveil religieux (Second Great Awakening). Il est attaqué par les Fédéralistes qui lui reprochent sa participation à la Révolution française et son amitié avec Thomas Jefferson. Les religieux condamnent les thèses qu’il a développées dans le Siècle de la Raison. En 1804, il collabore à un journal déiste publié à New-York[2]. Progressivement isolé, accusé d’athéisme et de radicalisme, Thomas Paine meurt seul dans la pauvreté[2], à l’âge de 72 ans, le 8 juin 1809 à Greenwich Village (New York). Le bâtiment n’existe plus, mais une plaque rappelle que Thomas Paine est mort au 59 Grove Street. Seules six personnes assistèrent à ses funérailles, dont deux Noirs affranchis. Quelques années plus tard, William Cobbett déterra ses restes et les envoya en Angleterre. Mais ils ne trouvèrent jamais de sépulture et restèrent en possession de Cobbett pendant une vingtaine d’années. On ne sait pas exactement où se trouve sa dépouille aujourd’hui.

Œuvres et pensée

  • « le passage du temps fait plus de convertis que la raison. » ( The Common Sense, janvier 1776)
  • Common Sense (Le sens commun, 1776) : exhorte les colons américains à se révolter et à instaurer une République.
  • The American Crisis : 13 textes publiés entre 1776 et 1783 qui complètent le Sens commun[2]. Grand succès.
  • Rights of Man (Les droits de l’homme, 1791-1792) : réponse à Edmund Burke (Réflexions sur la Révolution française, 1790) ; critique le régime anglais.
  • The Age of Reason (Le Siècle de la raison, publié en 1794-1795) : pamphlet contre le christianisme, appel à la révolution religieuse, tolérance et profession de foi déiste.
  • Dissertation sur les premiers principes de gouvernement (1795) : pour le suffrage universel.
  • Agrarian Justice (Justice agraire, publié en 1797[2]) prône un revenu minimum et une forme de communisme[2].
  • Lettres aux citoyens américains (1802 ?).

Il est aussi connu pour ses travaux relatifs à la franc-maçonnerie[11] et sa correspondance (lettres à Jefferson dont il était l’ami[2], lettre à George Washington).

La pensée de Thomas Paine a peut-être été influencée par le quakerisme de son père[12]. Thomas Paine a participé à la promotion des droits de l'homme à travers l'organisation de gouvernements nouveaux, ce qui le situe dans la philosophie des Lumières[2],[13]. Favorable à la République, au suffrage universel et au droit de vote, il réfléchit également à la rénovation de la religion et de la société. Il proposa des réformes considérées comme radicales à l’époque comme un revenu minimum et un système d’éducation gratuit. Il était contre la traite et l’esclavage, mais n’a pas critiqué les lacunes de la Constitution américaine sur ce thème[2]. Il a écrit un article intitulé « African Slavery in America » publié le 8 mars 1775 dans le Postscript to the Pennsylvania Journal and Weekly Advertiser [14].

Hommages et postérité

La maison de Thomas Paine à New Rochelle.

Abraham Lincoln a lu avec intérêt ses écrits. Thomas Edison le réhabilita comme inventeur.

Thomas Paine est aujourd’hui considéré comme l'un des pères fondateurs des États-Unis d'Amérique. Le philosophe Bertrand Russell rend un hommage appuyé à Thomas Paine dans son livre Why I am not a Christian en consacrant tout un chapitre (8. The Fate of Thomas Paine) au destin de celui-ci, et aux risques encourus à manifester trop d'indépendance d'esprit.

Il existe un musée consacré à Thomas Paine à New Rochelle et sa maison (Thomas Paine Cottage) a été classée National Historic Landmark. Une statue a été érigée sur King Street, à Thetford, son village natal. Elle le représente avec une plume d’oie et son ouvrage Rights of Man.

L’université de New York possède également un buste de lui. D’autres statues se trouvent à Morristown, New Jersey, Bordentown, New Jersey, et dans le Parc Montsouris à Paris. Une petite rue de Diss porte son nom. À Paris, rue de l'odéon, une plaque marque l’emplacement où il vécut entre 1797 et 1802. Tous les ans, entre le 4 et le 14 juillet, le conseil municipal de Lewes organise un festival en l’honneur de Thomas Paine.

L'écrivain Manuel Joseph fait référence à Thomas Paine dans son livre Heroes are heroes are heroes (1994) en ces termes : " Thomas Paine a écrit il y a bien des années il y a des / moments des moments / qui mettent à l'épreuve l'âme des hommes ces mots bien connus sont tellement / vrais "

Notes et références

  1. « the completest charlatan that ever existed » dans Henry York, Letters from France, deux volumes (Londres, 1804)
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o et p (fr) Nathalie Caron, « « Thomas Paine et l’éloge des révolutions » », Transatlantica, 2006:2. Mis en ligne le 07-07-2006, consulté le 17-02-2008
  3. Eric Lane, Michael Oreskes, Le Génie de l'Amérique, Odile Jacob, 2008, p 39
  4. N. Bacharan, Faut-il avoir peur de l’Amérique ?, 2005, p. 25.
  5. John Keane, Tom Paine: A Political Life, Londres, Bloomsbury, 1995, p. 128.
  6. Pour l'historien Howard Zinn, « il s'agissait de la première défense vigoureuse de l'idée d'indépendance en des termes qui pouvaient être compris par n'importe quel individu sachant lire » dans Une histoire populaire des États-Unis. De 1492 à nos jours, Agone, 2002, p. 85.
  7. Eric Lane, Michael Oreskes, p 43
  8. a et b Eric Lane, Michael Oreskes, p 40
  9. (en) Thomas Paine. The American Crisis. Philadelphie, Styner and Cist, 1776-77., Indiana University. Consulté le 15-11-2007
  10. de même que Alexander Hamilton, George Washington et Benjamin Franklin
  11. Thomas Paine, De l'origine de la Franc-Maçonnerie, Paris, Patris, 1812, IV-51 p., traduction de Nicolas Bonnevile, rééd. Hachette 1976, disponible sur Gallica, et A L'Orient, 2007, coll. Trait d'union, (en) freemasonry.bcy.ca
  12. Claeys, Gregory. Thomas Paine : Social and Political Thought. 1989, p. 20.
  13. Bernard Cottret, La Révolution américaine : La quête du bonheur 1763-1787, Paris, Perrin, 2003, (ISBN 2-262-01821-9), p.186
  14. Van der Weyde, William M., ed. The Life and Works of Thomas Paine. New York : Thomas Paine National Historical Society, 1925, p. 19-20.

Annexes

Articles connexes

Bibliographie

En français

  • Thomas Paine, Bernard Vincent, Le Sens commun, Paris, Aubier Montaigne, collection bilingue, 1992, 220 pages, (ISBN 2700703340)
  • Bernard Vincent, Thomas Paine ou la religion de la liberté, Paris, Aubier Montaigne, collection Biographie, 1992, 404 pages, (ISBN 2700726359)
  • Collectif, Thomas Paine, citoyen du monde, Créaphis, 1990, 87 pages, (ISBN 2907150170)
  • Malou Julin, Le Temps de Thomas Paine, Bruxelles, Complexe, collection Questions à l’Histoire, 120 pages, 2004, (ISBN 2870279558)
  • Nathalie Caron, Thomas Paine contre l’imposture des prêtres, Paris, L’Harmattan, 1999.
  • Bernard Vincent (dir.), Thomas Paine et la République sans frontières, Nancy, Presses Universitaires de Nancy; Paris, Ligue des droits de l’homme, 1993.
  • Jean Lessay, L'américain de la Convention, Thomas Paine : Professeur de révolutions, Paris, Perrin, 1987, 241 p.

En anglais

  • Aldridge, A. Owen, 1959. Man of Reason: The Life of Thomas Paine. Lippincott. Regarded by British authorities as the standard biography.
  • Aldridge, A. Owen, 1984. Thomas Paine's American Ideology. University Press of Delaware.
  • Bailyn, Bernard, 1990. "Common Sense", in Bailyn, Faces of Revolution: Personalities and Themes in the Struggle for American Independence. Alfred A. Knopf.
  • Bernstein, R. B. "Review Essay: Rediscovering Thomas Paine." New York Law School Law Review, 1994 -- valuable blend of historiographical essay and biographical/analytical treatment.
  • Butler, Marilyn, 1984. Burke Paine and Godwin and the Revolution Controversy.
  • Gregory Claeys, 1989. Thomas Paine, Social and Political Thought. Unwin Hyman. Excellent analysis of Paine's thought.
  • Moncure Daniel Conway, 1892. The Life of Thomas Paine, 2 vols. G.P. Putnam's Sons. Vol. 1, Vol. 2, Facsimile. Long hailed as the definitive biography, and still valuable.
  • Fast, Howard, 1946. Citizen Tom Paine (historical novel, though sometimes taken as biography).
  • Foner, Eric, 1976. Tom Paine and Revolutionary America. Oxford University Press. The standard monograph treating Paine's thought and work with regard to America.
  • Jack Fruchtman; Thomas Paine: Apostle of Freedom; 557 pages. Four Walls, Eight Windows, 1994.
  • Hawke, David Freeman, 1974. Paine. Regarded by many American authorities as the standard biography.
  • Hitchens, Christopher, 2006. Thomas Paine's "Rights of Man": A Biography.
  • Ingersoll, Robert G., 1892, "Thomas Paine," North American Review.
  • Kates, Gary, 1989, "From Liberalism to Radicalism: Tom Paine's Rights of Man," Journal of the History of Ideas: 569-87.
  • Harvey J. Kaye, Thomas Paine: Firebrand of Revolution, Green Bay. 160 pages. Oxford University Press, 2000.
  • Kaye, Harvey J., 2005. Thomas Paine and the Promise of America. Hill and Wang.
  • John Keane, Tom Paine: A Political Life, Londres, Bloomsbury, 1995, (ISBN 0747520070)
  • Larkin, Edward, 2005. Thomas Paine and the Literature of Revolution. Cambridge Univ. Press.
  • W. J. Linton, Life of Thomas Paine, Kessinger Publishing, 2007, 108 pages, (ISBN 0548151245)
  • Brian McCartin, THOMAS PAINE Common Sense and Revolutionary Pamphleteering 2002, PowerPlus Books, New York, Library Binding, 112 pages.
  • Paine, Thomas (Foner, Eric., editor), 1993. Writings. Library of America. Authoritative and scholarly edition containing Common Sense, the essays comprising the American Crisis series, Rights of Man, The Age of Reason, Agrarian Justice, and selected briefer writings, with authoritative texts and careful annotation.
  • Paine, Thomas (Fomer, Philip S., editor), 1944. The Complete Writings of Thomas Paine, 2 volumes. Citadel Press.
  • Powell, David, 1985. Tom Paine, The Greatest Exile. Hutchinson.
  • Russell, Bertrand, 1934. The Fate of Thomas Paine.

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