Tobago

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Tobago
Plage du village de Castara
Plage du village de Castara
Géographie
Pays Drapeau de Trinité-et-Tobago Trinité-et-Tobago
Archipel Petites Antilles
Localisation Mer des Caraïbes et océan Atlantique
Coordonnées 11° 15′ 00″ N 60° 40′ 01″ W / 11.25, -60.66711° 15′ 00″ N 60° 40′ 01″ W / 11.25, -60.667
Superficie 300 km2
Point culminant Pidgeon Peak (572 m)
Administration
Statut Région autonome

Drapeau de Trinité-et-Tobago Trinité-et-Tobago
Région Tobago
Démographie
Population 54 084 hab. (2000)
Densité 180,28 hab./km2
Autres informations
Découverte Préhistoire
Fuseau horaire UTC-4

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Tobago
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Géolocalisation sur la carte : Petites Antilles

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Îles de Trinité-et-Tobago

Tobago est une île d'une superficie de 300 km² située au sud des Caraïbes. Elle est une portion de l'État Trinité-et-Tobago l'autre île de l'État est l'Île de la Trinité. La ville de Scarborough est le chef-lieu de l’île.

Sommaire

Histoire

Période précolombienne

De Nieuw-Walcheren à «Tabago» français en passant par la Nouvelle-Courlande

L'île, fertile, attira l'attention des Anglais dès le XVIe siècle (années 1580). Durant le XVIIe, elle fut occupée par les Anglais, Néerlandais, Français et même par le duché de Courlande. Pour plusieurs, Tobago demeure, dans la littérature, l'île de Robinson Crusoé, œuvre écrite par Daniel Defoe et publiée en 1719.

Les Anglais et Français furent les premiers à tenter la colonisation des Petites Antilles, dont deux tentatives éphémères à Sainte-Lucie et à Grenade (1605 et 1609) par les Anglais. De 1628 à 1678, les Néerlandais considéraient Tobago comme leur colonie sous le nom de Nieuw Walcheren. Lors de l'arrivée des Néerlandais, l'île avait été octroyée (ainsi que l'ensemble des Antilles) plusieurs fois par le roi Jacques Ier d'Angleterre, dont une fois en 1610 à Jakob Kettler, fils du duc de Courlande. Pour les Néerlandais, Tobago demeura durant cette période, un site de moindre importance, en marge de la Côte sauvage.

Jan de Moor demanda à Jacob Maerssen pour qu'on lui octroie la permission de coloniser Tobago sous l'auspice de la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales (WIC) fondée en 1621 et détenant un monopole colonial et commercial sur toutes terres à l'ouest du Cap de Bonne-Espérance. Une expédition de colons s'y établit seulement en 1628 et fut ravitaillée en 1629 par l'amiral Pater. En 1632, un second contingent de colons néerlandais quitte le port de Flessingue et s'y établit - la colonie comporte maintenant plus ou moins 200 colons. Aux débuts des années 1630, certaines escadres de la compagnie eurent comme instructions de s'arrêter à Tobago pour ravitailler les colons. Entre 1634-37, la colonie fut éradiquée sans qu'on en sache exactement les causes. Il est probable qu'une expédition espagnole depuis Trinidad aurait attaqué la colonie. Les Néerlandais auraient été traités comme des criminels de guerre, contre toutes conventions établies entre les deux nations durant la trêve de 1609-21. Les Néerlandais répliquèrent à Trinidad et mirent à sac San Tomé sur l'Orénoque[1].

Au même moment, Willem Usselincx puis Charles Ier d'Angleterre tentèrent d'intéresser Friederich Kettler, duc de Courlande (Lettonie), à l'idée de coloniser Tobago. En 1634, via son neveu Jakob en mission à Amsterdam, il déniche le capital nécessaire pour financer une première expédition de 212 colons vers l'île[2]. Les colons, pour la plupart zélandais, ne s'acclimatèrent pas et désertèrent rapidement. Une seconde entreprise courlandaise en 1637 connut probablement le même sort. Les années 1630, semble-t-il, sont assez difficiles à décortiquer étant donné les nombreuses contradictions entre chroniqueurs de l'époque.

En 1639, des Anglais de la Barbade tentent de nouveau d'occuper l'île sous la direction du capitaine Massam mais les attaques continuelles des Amérindiens Caraïbes de l'île voisine de Saint-Vincent découragent toute occupation permanente. Une troisième tentative en 1642 dirigée par le capitaine Marshall de la Barbade ne porte fruits que quelques années avant d'être poussé à émigrer vers le Suriname par les affrontements autochtones incessants. À ce moment, Jacob Kettler, qui avait succédé à son père sur le duché de Courlande, décida de retenter sa chance et de financer une nouvelle tentative de colonisation à Tobago. Éconduits par les Caraïbes, les colons courlandais trouvèrent refuge aux établissements zélandais du Pomeroon.

Après avoir tenté d'intéresser les Néerlandais dans une entreprise coloniale conjointe et essuyé des refus, Jakob décide de s'y reprendre seul en 1653 alors que les Néerlandais et les Anglais s'affrontent pendant la Première Guerre anglo-néerlandaise. Le 20 mai 1654. une expédition de 80 familles dirigée par un capitaine hollandais engagé par le duc jette l'ancre à Tobago et renomme l'île Nouvelle-Courlande. Rapidement, les Courlandais construisirent le fort Jakobus.

En 1654, des Juifs fuyant la Nouvelle-Hollande repassée aux mains portugaises tentent de convaincre les États généraux de leur octroyer Tobago, mais les héritiers De Moor, les frères Lampsins, d'éminents Zélandais, cherchaient au même moment à remettre sur pied la concession qui leur revenait de droit.

Les Zélandais reprenant contrôle de la colonie, la première expédition zélandaise, avec un bateau de 50 juifs de Zélande, arrive à Tobago en septembre 1654, quatre mois après les Courlandais et fonde une colonie du côté opposé de l'île, nommée Nieuw-Walcheren.

Becquard, chef de l'expédition néerlandaise, visite Saint-Eustache afin d'y recruter des colons potentiels. Lorsque Becquard revint à Tobago, la présence courlandais était maintenant connue et un traité de partition fut ratifié. La dotation aux Lampsins a été rédigée de manière à ce que les États généraux néerlandais conservent une partie importante de la souveraineté sur l'île.

Durant le Commonwealth anglais, Jakob Kettler ne put continuer à jouir du support politique anglais. Les frères Lampsins s'attelèrent donc à développer leur colonie comme bon leur semble. Les Zélandais et les Courlandais furent ravitaillés pendant ces quelques années, mais lorsque la Guerre du Nord éclata et que le duc fut pris en otage par les Suédois, les Néerlandais décidèrent de passer à l'offensive. Encouragés par leurs seigneurs, la WIC et les États généraux, les colons néerlandais commencèrent à saisir les navires de ravitaillement et à harceler la colonie du duc de Courlande.

En 1658 il n'y avait plus que 40 courlandais capables de porter les armes, contre 500 Zélande, rejoint par des français[3].

En raison du refus par Holtzbruch, commandant de la colonie, d'une offre néerlandaise de reddition, les colons courlandais se mutinèrent et la colonie capitula le 11 décembre 1659. Le commandant néerlandais promit aux Courlandais de les ramener en Europe et de rendre l'enclave au duc une fois celui-ci libre des geôles suédoises. Les frères Lampsins modifièrent le traité pour ajouter que les Courlandais avaient abdiqué volontairement leur souveraineté sur leur territoire de Tobago[4].

Avec la domination néerlandaise complétée, la colonie prospéra et un contingent de planteurs français s'ajouta au nombre dans le "Quartier des Trois Rivières" et Louis XIV, éleva Cornelius Lampsins au rang de Baron de Tobago.

Libéré au traité de Oliva, Jakob Kettler entreprit des démarches devant les institutions néerlandaises afin que le traité original soit respecté, mais la WIC ne s'y plia pas. Le duc tenta même de racheter Tobago pour 200 000 florins mais malgré l'intérêt marqué des frères Lampsins, les négociations échouèrent. Après le traité de 1662 entre les Provinces-Unies et Louis XIV, Cornelis Lampsins chercha à faire reconnaître ses droits par la couronne française, qui par décret, déclara Tobago comme baronnie française. Entre 1660-65, on estime que la colonie néerlandaise comptait entre 1000 et 1500 colons et plus de 7000 esclaves, elle produisait du rhum, du cacao et du sucre; six sucreries étant en opération sur l'île.

Un représentant des granas, les Juifs de Livourne, Paulo Jacomo Pinto, entama des négociations à Amsterdam et obtint le transport en 1658 et 1659 de deux groupes de juifs, le second de 120 personnes, en passant par la Zélande. Un troisième groupe de 152 juifs de Livourne arrive sur le Monte de Cisne le 20 juillet 1660, alors que sa destination devait être Cayenne. Parmi eux, le célèbre poète juif espagnol Daniel Levi de Barrios, alias Miguel de Barrios, dont la femme Debora meurt à Tobago et qui repart à Bruxelles. En janvier 1661, Paulo Jacomo Pinto se préoccupe du sort des juifs déviés pour une raison inconnue à Tobago et laissés dans la pauvreté[3].

À la veille de la Seconde Guerre anglo-néerlandaise, le roi Charles II d'Angleterre décida d'octroyer Tobago à son cousin Jakob Kettler, duc de Courlande, en échange des postes de traite négrière courlandais au Gambie. Le roi décida même d'avertir le gouverneur de Barbade et les Néerlandais qu'il considérait Tobago comme possession anglaise et fief de Courlande. Après les attaques anglaises et l'occupation françaises durant cette guerre, Crijnssen débarque sur une île désertée en 1667. La paix de Breda restitua Tobago aux Néerlandais, mais n'élimina pas toutes revendications françaises et courlandaises. Les réfugiés Néerlandais reprirent rapidement pied à Tobago dès le retour à la paix mais dans un état d'abjecte pauvreté.

En décembre 1668, le duc de Courlande s'entêta à réclamer la possession de Tobago et finança une nouvelle expédition. Les Néerlandais sur l'île offrirent aux colons courlandais deux options : rester et s'intégrer à la colonie de Nieuw-Walcheren ou partir, ils choisirent la deuxième alternative. Le duc de Courlande tenta donc de reprendre le contrôle de l'île en plaidant sa cause devant les États généraux néerlandais mais ceux-ci se rangèrent dans le camp des Lampsins qui reçurent une confirmation officielle de leur possession de seigneurie jusqu'en 1700 par les États de Zélande.

En 1672, Charles II décida qu'il devait reprendre Tobago et supporta entièrement les prétentions courlandaises. Le gouverneur de la Barbade, William Willoughby, prit en charge une partie importante des dépenses pour capturer Tobago. La conquête de Tobago fut le premier acte belliqueux commis dans les Caraïbes par les Européens durant la Guerre de Hollande, entre les 18 et 22 décembre 1672. Les 400 colons néerlandais furent transportés à la Barbade et les infrastructures de la colonie furent rasées par les conquérants. Deux jours plus tard, une frégate française réclama l'île afin d'en prendre possession. Au Traité de Westminster, Tobago fut retournée aux Provinces-Unies par les Anglais, mais les hostilités entre Français et Néerlandais se poursuivirent jusqu'en 1678.

Lors de la fondation de la nouvelle WIC en 1674, Tobago ne fut pas intégré à la charte et demeura sur papiers propriété des frères Lampsins. Malgré les protestations zélandaises, la chambre amstellodamoise de la WIC décida de repeupler l'île sous la direction de Jacob Binckes, un amiral frison qui s'était distingué en 1673 par la reconquête de la Nouvelle-Néerlande.

L'escadre de Binckes, après s'être divisée en deux, se retrouve à Tobago en septembre 1676 et tout de suite, celui-ci érige des fortifications. En 1677, un contingent de 150 soldats s'ajouta à la petite colonie. En 1677, d'Estrée est commissionné pour reprendre Tobago aux Néerlandais et se présente avec neuf vaisseaux en février devant la colonie néerlandaise. Les Français célèbrent cette bataille comme une grande victoire française en faisant frapper une médaille pour l'occasion, mais ils échouèrent à reprendre Tobago. La flotte de Binckes avait été cependant mise hors de combat.

D'Estrée est de retour le 6 décembre 1677 devant Tobago avec une flotte nouvellement affrétée. Ils reprennent l'île d'un coup de chance alors que la poudrière du fort explosa au-dessous de la salle où le centre de commandement néerlandais avait été établi. Les Provinces-Unies reconnurent Tobago comme colonie française en 1678 au Traité de Nimègue, même si ceux-ci n'occupèrent pas l'île.En 1687, l'Espagne envoie des frères capucins pour fonder des missions, dans quatre lieux de l'île. Le duc de Courlande revendiquer la possession de l'île jusqu'en 1689. Le duché tente de reconstruire sa flotte et ses manufactures, mais il ne parviend pas à retrouver sa prospérité des années 1650-1660.

Le duc de Courlande meurt en 1682 et son fils Friedrich Kasimir lui succède sous le nom de Frédéric II. Si le duché brille encore par son faste, c'est moins à cause de sa puissance, le duc étant peu intéressé par les choses de l'État, que par les fêtes qu'il donne pour lui-même. Il dépense sans compter l'argent du duché accumulé par son père et doit finalement se résoudre, pour éponger ses dettes, à céder Tobago aux Britanniques en 1689.

En 1699, une bande d'Amérindiens tue trois frères capucins à San Rafael de Tobago. Les représailles espagnoles sont terribles. Des centaines d'indigènes sont tués au cours du massacre d'Arena. Au cours des décennies qui suivent, l'Espagne se fait moins présente et en 1717, le système d'encomienda est aboli. Au début du siècle suivant, l'île subit les attaques des boucaniers français ou hollandais[5].

Au traité d'Utrecht, en 1713, l'île passe sous le contrôle de la France, et devient une colonie française jusqu'en 1793. Tobago est ensuite occupée par la Grande-Bretagne, de mars 1793 à 1815. En 1816, après le traité de Vienne, Tobago n'est ni restituée aux Pays-Bas, ni à la France, et devient une portion de la colonie britannique de Trinité-et-Tobago. La langue néerlandaise disparait après 1850, cependant, il subsiste un créole français, aux locuteurs limités. Depuis 1962, elle forme une province de l'État indépendant de Trinité-et-Tobago.

Notes et références

  1. Cornelis Ch. Goslinga, The Dutch in the Caribbean and on the Wild Coast, 1580-1680, Gainesville (Floride), University of Florida Press, 1971, p. 435-36.
  2. Cornelis Ch. Goslinga, The Dutch in the Caribbean and on the Wild Coast, 1580-1680, Gainesville (Floride), University of Florida Press, 1971, p. 437.
  3. a et b http://74.52.200.226/~sefarad/lm/016/page5.html
  4. Cornelis Ch. Goslinga, The Dutch in the Caribbean and on the Wild Coast, 1580-1680, Gainesville (Floride), University of Florida Press, 1971, p. 441-43.
  5. http://books.google.fr/books?id=xCcqYzjzW7MC&pg=PA28&dq=%22Massacre+d'Arena%22&hl=fr&ei=IuTVS6fzGM-d-Abm2tibDA&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=1&ved=0CDAQ6AEwAA#v=onepage&q=%22Massacre%20d'Arena%22&f=false

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