Vincent Auriol

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Vincent Auriol
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Vincent Auriol avec ses lunettes d'écaille, en 1951.

Fonctions
16e président de la République française
16 janvier 194716 janvier 1954
(7 ans)
Président du Conseil Paul Ramadier (1947)
Robert Schuman (1947-1948)
André Marie (1948)
Robert Schuman (1948)
Henri Queuille (1948-1949)
Georges Bidault (1949-1950)
Henri Queuille (1950)
René Pleven (1950-1951)
Henri Queuille (1951)
René Pleven (1951-1952)
Edgar Faure (1952)
Antoine Pinay (1952)
René Mayer (1953)
Joseph Laniel (1953-1954)
Prédécesseur Léon Blum (Chef du gouvernement provisoire)
Albert Lebrun (indirectement)
Successeur René Coty
Président de l'Assemblée nationale
3 décembre 194620 janvier 1947
Prédécesseur Lui-même (président de l'Assemblée constituante)
Successeur Édouard Herriot
Président de l'Assemblée constituante
31 janvier 194627 novembre 1946
Prédécesseur Félix Gouin
Successeur Lui-même (président de l'Assemblée nationale)
Ministre chargé de la Coordination des services ministériels à la Présidence du Conseil
13 mars 193810 avril 1938
Président Albert Lebrun
Président du Conseil Léon Blum
Gouvernement Léon Blum II
Garde des Sceaux, ministre de la Justice
29 juin 193714 janvier 1938
Président Albert Lebrun
Président du Conseil Camille Chautemps
Gouvernement Camille Chautemps III
Prédécesseur Marc Rucart
Successeur César Campinchi
Ministre des Finances
4 juin 193621 juin 1937
Président Albert Lebrun
Président du Conseil Léon Blum
Gouvernement Léon Blum I
Prédécesseur Marcel Régnier
Successeur Georges Bonnet
Député de la Haute-Garonne
10 mai 191431 mai 1942
Législature XIe-XIIe-XIIIe-XIVe-XVe-XVIe
(Troisième République)
21 octobre 194531 décembre 1947
Législature Constituantes 1945-1946
Ire (Quatrième République)
Biographie
Nom de naissance Vincent Auriol
Date de naissance 27 août 1884
Lieu de naissance Revel, Haute-Garonne
Date de décès 1er janvier 1966 (à 81 ans)
Lieu de décès Paris, 16e arr.
Nature du décès Insuffisance cardiaque, fractures répétées du col du fémur
Parti politique SFIO
Conjoint Michelle Aucouturier
Enfants Paul Auriol
Diplômé de Faculté de droit et des lettres de l'Université de Toulouse (Doctorat en droit)
Profession Avocat
Religion Athée

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Présidents de la République française

Vincent Auriol, né le 27 août 1884 à Revel (Haute-Garonne) et mort le 1er janvier 1966 à Paris, est un homme d'État français.

Ministre socialiste des Finances, de 1936 à 1937, dans le cabinet du Front populaire dirigé par Léon Blum, puis garde des Sceaux de 1937 à 1938 dans les troisième et quatrième cabinet de Camille Chautemps, il occupe l'éphémère ministère chargé de la Coordination des services ministériels à la présidence du Conseil en 1938, dans le second cabinet de son ami Léon Blum.

Président de l'Assemblée constituante en 1946, puis de l'Assemblée nationale de décembre 1946 à janvier 1947, Auriol est élu président de la République française ; il est le premier à occuper ce poste sous la IVe République. Il ne renouvelle pas son septennat.

Sommaire

Biographie

Ses débuts

Vincent Auriol est le fils unique de Jacques Antoine, boulanger, et d'Angélique Durand. À l'âge de trois ans, il perd l'usage de son œil gauche pour avoir mal ajusté la détente d'un pistolet à amorces pour enfant, il portera le restant de ses jours un œil de verre[1]. Licencié en droit en 1905 à Toulouse où il a suivi les cours de Jean Jaurès, puis docteur en droit, il exerce la profession d'avocat à Toulouse, milite à la SFIO dès sa fondation. Ayant entendu Jean Jaurès à Toulouse, il devient socialiste et fonde avec Albert Bedouce (député de Haute-Garonne), le Midi socialiste. Créé en 1908, ce quotidien a eu une réelle influence dans la vie politique régionale du début du XXe siècle, du fait de la personnalité de certains de ses collaborateurs : Vincent Auriol lui-même, Albert Bedouce, Jean Jaurès, Alexandre Varenne, Paul Ramadier, etc. Outre l'édition toulousaine, il comprenait une vingtaine d’éditions locales couvrant les actuelles régions Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon, et plus partiellement le Limousin, l'Aquitaine et l'Auvergne[2].

En 1912, Vincent Auriol épouse la jeune Michelle Aucouturier, fille de Michel Aucouturier, leader ouvrier verrier de Carmaux (syndicaliste, ami de Jaurès et qui contribuera à sa carrière politique), avec laquelle il a un fils prénommé Paul. Ce dernier épousera l'aviatrice Jacqueline Douet.

De façon calculée et réfléchie, Auriol s'impose comme l'un des membres influents du parti dans le Sud Ouest après l'assassinat de Jean Jaurès.

Vincent Auriol député, en 1927.

Député de Muret (Haute-Garonne) de 1914[3] à 1940, puis maire de cette même ville en 1925, secrétaire du groupe socialiste à la Chambre des députés à partir de 1928, il devient progressivement l'expert financier du parti socialiste puis un de ses principaux leaders. Il fait adopter par la SFIO en 1921, puis par l'ensemble des partis socialistes européens en 1922, un plan de redressement prévoyant la création d'un Office central qui se chargerait de toutes les régions sinistrées et qui serait financé par des prêts à long terme consentis par le gouvernement. L'Allemagne paierait, via cet organisme, ses réparations, par des prélèvements sur les dividendes de ses banques et industries. Mais les socialistes ne sont alors pas assez puissants pour imposer un tel projet.

De 1924 à 1926, sous le Cartel des gauches, Vincent Auriol préside la commission des finances de la Chambre des députés.

On parle de lui pour prendre le poste de président du Conseil des ministres lors de la victoire électorale du Front populaire de 1936, mais il milite activement pour Léon Blum qu'il a soutenu dans tous les congrès. Ministre des Finances pendant le gouvernement du Front populaire, hostile aux accords de Munich, favorable à l'intervention en Espagne, il est l'un des quatre-vingts parlementaires à refuser de voter les pleins pouvoirs au maréchal Pétain, le 10 juillet 1940. En contact permanent avec Blum entre mai et septembre 1940, c'est lui qui le fait cacher chez son ami Eugène Montel[4].

Pendant la Seconde Guerre mondiale

En septembre 1940, le gouvernement de Vichy le fait arrêter. Vincent Auriol est d'abord incarcéré à Pellevoisin (Indre) puis à Vals-les-Bains (Ardèche) et entretient une correspondance avec Léon Blum, où il se montre tout à fait optimiste sur la victoire des démocraties face au nazisme et au fascisme. Vichy fait mener une enquête sur lui, mais le tribunal civil de Muret prononce un non-lieu. Il est libéré pour raisons de santé et placé en résidence surveillée en août 1941. De sa maison, il conseille les socialistes résistants. En 1942, il passe à la clandestinité et entre dans la Résistance. Il écrit Hier et demain, qui sera publié en 1944 à Alger, et dans lequel il entame une réflexion sur les institutions qui, selon lui, devraient remplacer celles de la IIIe République. En 1943, il parvient à rejoindre Londres en avion et se met au service du général de Gaulle. L'année suivante, il est président de la Commission des Finances de l'Assemblée consultative d'Alger[4].

Après la Libération

En octobre 1945, il est élu président du Conseil général de la Haute-Garonne. Du 21 novembre 1945 au 23 janvier 1946, Auriol est ministre d'État dans le deuxième gouvernement du général de Gaulle. Il est élu le 21 octobre 1945 député à la première Assemblée constituante, dont il devient président le 23 janvier 1946, succédant à Félix Gouin élu à la présidence du gouvernement provisoire. Réélu député le 2 juin 1946, il continue de présider l'Assemblée constituante, chargée de mettre en œuvre la future Constitution.

Le 3 décembre 1946, l'Assemblée nationale, issue des élections du 10 novembre précédent, élit Vincent Auriol à sa présidence. C'est à ce titre que le 16 janvier 1947, il préside le Parlement réuni à Versailles pour l'élection présidentielle dont il sort vainqueur et qui met fin à son mandat à la tête de l'Assemblée nationale.

À l'Élysée

À l'occasion de sa brillante victoire dès le premier tour à l'élection présidentielle de janvier 1947, Auriol devient le premier président de la IVe République, élu par le Parlement réuni en congrès à Versailles par 452 voix sur 883, contre 242 à son adversaire Auguste Champetier de Ribes.

Après son investiture à l'Élysée, le nouveau président de la République affiche clairement son ambition de faire du chef de l'État un véritable arbitre entre les différentes institutions nationales, et pour cela, n'entend pas être un « président soliveau ». Pour autant, les crises ministérielles successives auxquelles est confrontée la fragile IVe République ne cessent pas : en première ligne, car étant le mandant du président du Conseil des ministres, le président Auriol est ainsi caricaturé dans plusieurs dessins de presse. Le dessinateur Jean Sennep, par exemple, met en scène, dans un dessin publié dans le Figaro du 9 septembre 1948, peu après la nomination de Robert Schuman à la présidence du Conseil, le président Auriol, vraisemblablement fatigué, mettant au point un emploi du temps réservé aux personnalités politiques susceptibles de devenir président du Conseil.

À l'occasion de son mandat, Vincent Auriol et la « Première dame de France » Michelle Auriol rénovent et modernisent entièrement le palais de l'Élysée[4].

Auriol occupe la magistrature suprême jusqu'au 16 janvier 1954, fin de son septennat à l'issue duquel il ne se représente pas.

Après la Présidence

Il finit par souscrire à l'appel au général de Gaulle en 1958, mais, rapidement en désaccord avec Guy Mollet, il quitte la SFIO en 1958 et profite de son statut d'ancien président et de leader historique du socialisme français pour collecter des fonds auprès des partis membres de l'Internationale socialiste au profit du nouveau PSA.

En 1959, il devient membre de droit du Conseil constitutionnel, mais il cesse de se rendre aux réunions dès 1960, pour protester contre l'interprétation outrageusement restrictive des compétences du Conseil et du Parlement qu'a le général de Gaulle : plusieurs lois, dont la loi Debré sur l'enseignement scolaire, ont été votées sans que le Conseil constitutionnel soit consulté. « Cette désinvolture à l'égard de la souveraineté nationale et de notre charte fondamentale oriente le régime constitutionnel de 1958 vers un système de pouvoir personnel et arbitraire en opposition avec les principes et les règles essentiels de la démocratie. » Vincent Auriol revient le 6 novembre 1962 pour voter sur la constitutionnalité de la loi référendaire modifiant le mode d'élection du président de la République. Son ultime acte politique est d'appeler à voter pour François Mitterrand lors de l'élection présidentielle de décembre 1965.

Synthèse des fonctions et mandats

Mandats électifs

Fonctions gouvernementales

Fonctions représentatives

Autres fonctions

Décorations

Hommages

  • Un collège-lycée porte son nom dans sa ville natale de Revel.
  • Un boulevard du 13e arrondissement de Paris porte son nom.
  • Une avenue porte également son nom à Floirac, en Gironde, dont la principale résidence se nomme "Fraternité".

Citations

«  Comme la nation humaine s'élève au-dessus des provinces diverses et variées, la nation humaine doit s'élever et s'organiser au-dessus des nations indépendantes et associées. Les principes de l'organisation humaine doivent être les mêmes que ceux de l'organisation nationale. Ce sont les principes de la démocratie: liberté, égalité, fraternité. » (Discours à Alger, le 25 juillet 1944)

Œuvres

  • Hier et demain, 1944 (écrit pendant la Seconde guerre mondiale)
  • Journal du septennat, éd. Tallandier, 2004 (version complète)
  • Dix années d'administration socialiste 1925-1935, éd. Commune de Muret, 1935
  • Mon septennat 1947-1954, éd. nrf Gallimard, 1970

Bibliographie

  • Pascal Cabaret, Vincent Auriol et la question coloniale (1947-1953), mémoire de maîtrise, université de Toulouse-Le Mirail, 1999.
  • Jean-Pierre Cuvilier, Vincent Auriol et les finances publiques du Front populaire ou L'alternative du contrôle et de la liberté : 1933-1939, Publications de l'université de Toulouse-Le Mirail, 1979
  • Éric Ghebali, Vincent Auriol : le Président citoyen. 1884-1966, éd. Grasset, 1998
  • Louis Mexandeau, Histoire du parti socialiste, éd. Tallandier, 2005
  • Gilles Morin, « Les socialistes dans les geôles de Vichy : à la recherche d'une parole libre », in Pierre Guidoni et Robert Verdier (dir.), Les Socialistes en Résistance, éd. Séli Arslan, 1999

Voir aussi

Notes et références

  1. http://www.lauragais-patrimoine.fr/HISTOIRE/VINCENT_AURIOL/VOYAGE-AURIOL.html
  2. Notice biographique de Vincent Auriol
  3. Député à la deuxième tentative.
  4. a, b et c Arnaud Folch, Guillaume Perrault, Les Présidents de la République pour les nuls, Editions Générales First, 2011 (ISBN 2754020667), p. 165-176 

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