Wikipédia:Sélection/Anglo-Saxons
Ælle de SussexÆlle (également Aelle ou Ella), aurait été le premier roi du Sussex, dans le sud de l’Angleterre, à partir de 477 et peut-être jusqu’en 514. Les informations à son sujet sont si maigres que son existence même ne peut être affirmée avec certitude. D’après la Chronique anglo-saxonne, Ælle et trois de ses fils, venus du continent, auraient débarqué en Grande-Bretagne près de l’actuel promontoire de Selsey Bill – l’emplacement exact a probablement été submergé depuis – et affronté les Bretons. En 491, ils auraient remporté une victoire sur le site du village actuel de Pevensey, massacrant un grand nombre de leurs adversaires et mettant en fuite les autres. Si les événements rapportés par la tradition sont invérifiables, la toponymie du Sussex montre clairement que la région fut soumise à une colonisation extensive et ancienne des Saxons, appuyant l’idée qu’il s’agirait d’une de leurs premières conquêtes… |
CeawlinCeawlin, également orthographié Ceaulin ou Caelin (mort v. 593) est un roi du Wessex, dans le Sud-Ouest de l'actuelle Angleterre. Il est peut-être le fils de Cynric et le petit-fils de Cerdic, qui, selon la Chronique anglo-saxonne, a conduit les premiers Saxons sur le territoire du futur royaume de Wessex. L'époque de Ceawlin correspond à l'achèvement de l'invasion anglo-saxonne de la Bretagne ; à sa mort, les Bretons ont été presque entièrement chassés du Sud de l'Angleterre. La chronologie de la vie de Ceawlin est très incertaine : selon les sources, son règne a duré sept, dix-sept ou trente-deux ans, et l'exactitude, voire la véracité de certaines dates de la Chronique anglo-saxonne ont été remises en question. La Chronique mentionne plusieurs batailles de Ceawlin entre 556 et 592, parmi lesquelles le premier affrontement connu entre différents groupes d'Anglo-Saxons. Il semble néanmoins que, sous le règne de Ceawlin, le Wessex ait connu une expansion territoriale importante, bien qu'elle ait été, en partie, perdue par la suite au profit d'autres royaumes anglo-saxons. La Chronique le liste également comme l'un des huit bretwaldas, nom donné aux souverains ayant exercé la suzeraineté sur tout le Sud de l'Angleterre ; on ignore cependant l'étendue exacte de son pouvoir. Ceawlin meurt vers 593, un an après avoir été déposé, peut-être par son successeur Ceol. Diverses sources lui donnent deux fils, Cutha et Cuthwine, mais les généalogies présentant ce détail ne sont pas fiables. |
Chronique anglo-saxonneLa Chronique anglo-saxonne (Anglo-Saxon Chronicle) est un ensemble d’annales en vieil anglais relatant l’histoire des Anglo-Saxons. Elles datent de la fin du IXe siècle et furent probablement rédigées dans le Wessex, sous le règne d’Alfred le Grand. De multiples copies manuscrites en furent distribuées aux monastères d’Angleterre, et chacune était mise à jour indépendamment des autres : l’une d’entre elles l’était encore en 1154. Il en subsiste neuf manuscrits d’importance historique variable. Tous ne sont pas entièrement préservés, et aucun d’entre eux n’est la version originale. La rédaction du plus ancien de ces manuscrits semble avoir débuté vers la fin du règne d’Alfred, tandis que le plus récent fut écrit à l’abbaye de Peterborough après l’incendie du monastère local en 1116. La quasi-totalité du contenu des chroniques se présente sous forme d’annales. Celles-ci commencent toutes par l’année 60 av. J.-C., et décrivent l’histoire des Anglo-Saxons jusqu’à l’année effective de leur rédaction. Il y a ensuite des ajouts successifs, au cours du temps. C’est l’ensemble de ces manuscrits qui est désigné sous le nom de « Chronique anglo-saxonne ». La Chronique n’est pas neutre : parfois, la comparaison avec d’autres sources médiévales montre que son auteur a omis des faits ou les a relatés de façon partiale. Par endroits, les différentes versions de la Chronique se contredisent. Toutefois, prise dans son ensemble, il s’agit de la source historique majeure pour la période s’étendant entre l’abandon de la Bretagne par les Romains (410) et la conquête normande de l’Angleterre (1066). Une grande partie des informations présentes dans la Chronique n’apparaît nulle part ailleurs. En outre, les manuscrits sont d’importantes sources pour l’histoire de la langue anglaise : le tardif texte de Peterborough est notamment l’un des plus anciens exemples connus de moyen anglais. Sept des neuf manuscrits subsistants se trouvent actuellement à la British Library. Les deux autres appartiennent à la Bodleian Library d’Oxford et à la bibliothèque du Corpus Christi College de Cambridge. |
Paulin d'YorkPaulin d'York ou Paulinus of York (mort le 10 octobre 644) était un missionnaire romain et premier évêque d'York, membre de la mission envoyée par le pape Grégoire Ier pour convertir les Anglo-Saxons en 601. Paulin débarqua en Angleterre en 604. Après quelques années passées dans le Kent, Paulin fut élevé au rang d'évêque, probablement en 625. Il accompagna alors Æthelburg, sœur du roi Eadbald de Kent, dans son voyage en Northumbrie, où elle épousa le roi Edwin. Paulin réussit à convertir Edwin et un certain nombre de ses sujets au christianisme et construisit quelques églises. Après le décès d'Edwin en 633, il fuit la Northumbrie avec Æthelburg, laissant derrière lui l'un des membres de son clergé, Jacques le Diacre. Paulin retourna alors dans le Kent, où il devint évêque de Rochester. Paulin est vénéré comme un saint par les églises catholique et anglicane. |
Le Retour de Beorhtnoth, fils de BeorhthelmLe Retour de Beorhtnoth, fils de Beorhthelm (The Homecoming of Beorhtnoth Beorhthelm's Son) est une pièce de théâtre en vers allitératifs de J. R. R. Tolkien parue en 1953. Son action se déroule en Angleterre, peu après la défaite des Anglo-Saxons face aux Vikings à la bataille de Maldon. Elle met en scène Torhthelm et Tídwald, deux serviteurs chargés d'aller récupérer le corps de leur seigneur Beorhtnoth, tombé au combat lors de cette bataille. Tolkien situe sa pièce dans la continuité du poème en vieil anglais La Bataille de Maldon. Elle est précédée d'une introduction, dans laquelle Tolkien retrace brièvement le contexte historique du récit, et suivie d'un essai sur le mot anglo-saxon ofermod, qui apparaît dans La Bataille de Maldon pour décrire le caractère de Beorhtnoth et dont le sens exact est incertain. |
Æthelberht de KentÆthelberht (vers 560 ? – 616) est roi de Kent de 580 ou 590 jusqu’à sa mort. Il est le premier roi anglo-saxon à se convertir au christianisme. Il est le fils d’Eormenric, à qui il succède comme roi selon la Chronique anglo-saxonne. Il épouse, probablement avant son avènement, une princesse mérovingienne, Berthe, fille du roi de Paris Caribert, s’alliant ainsi au plus puissant royaume d’Europe occidentale. Æthelberht lui-même semble avoir dominé l’Angleterre en son temps : Bède le Vénérable le mentionne comme le troisième roi à exercer l’imperium sur les autres royaumes anglo-saxons, et la Chronique anglo-saxonne lui attribue le titre de bretwalda, ou « souverain de Bretagne ». C’est peut-être l’influence de Berthe qui incite le pape Grégoire Ier à envoyer le moine Augustin évangéliser la Grande-Bretagne. Augustin arrive dans le Kent en 597 à la tête de la mission grégorienne. Peu de temps après, Æthelberht reçoit le baptême, des églises sont fondées et les conversions massives au christianisme commencent dans son royaume. Æthelberht pourvoit la nouvelle église de terres à Cantorbéry, où est fondée la future abbaye Saint-Augustin. Æthelberht a laissé un code de lois qui constitue le plus ancien document législatif écrit dans une langue germanique connu. Sous son règne, le Kent est un pays prospère, commerçant intensivement avec le continent et recommençant à battre monnaie, pour la première fois depuis l’invasion anglo-saxonne. Æthelberht a été canonisé pour son rôle dans la propagation du christianisme parmi les Anglo-Saxons. |