Wilfrid Moser

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Wilfrid Moser, né à Zurich le 10 juin 1914 et mort le 19 décembre 1997, est un peintre abstrait suisse appartenant à la nouvelle École de Paris.

Sommaire

Biographie

Le père de Wilfrid Moser, sinologue, enseigne dans les universités étrangères, et sa mère est professeur de piano. Les activités de son père lui permettent dès sa jeunesse de connaître plusieurs villes d'Europe, notamment Sienne, en 1920 et 1925, et Venise, et leurs cultures. À Zurich, de nombreux peintres fréquentent la maison familiale. À Zurich, de nombreux peintres fréquentent la maison familiale. Enfant, Wilfrid Moser suit des études de violon au Conservatoire de Zurich et dès 1920 pratique le dessin, l’aquarelle et les pastels. En 1930, certains de ses dessins d'enfant sont publiés dans la revue « Schweizer Spiegel ».

Poursuivant des études de violon, Moser voyage à Paris, à Berlin, en Italie et en Union soviétique. Il se tourne en autodidacte vers la peinture et rend visite à Ensor à Ostende et à Ernst Ludwig Kirchner à Davos. Entre 1935 et 1938 il voyage avec Nicolas de Stael au Maroc et en Espagne. Lorsqu'éclate la Guerre d’Espagne, il rejoint les Républicains et participe à la bataille de Malaga. Blessé à Guadalajara il rejoint le Maroc. Il séjourne à Paris en 1939 et fait à Zurich la connaissance de Varlin, qui l'invite à exposer avec lui. Dans ses dessins et ses peintures transparaissent les influences de Rouault, Utrillo, Ensor.

De 1940 à 1945, Moser effectue son service militaire dans l'armée suisse. Il épouse Jeanne Gysi, danseuse moderne, dont il aura deux enfants. Ils s’établissent à Ronco sopra Ascona au Tessin. Il réalise alors une série de gravures sur bois expressionnistes. En 1945 il s'installe à Paris, travaille dans les ateliers d'André Lhote et Fernand Léger, peint sur des matériaux de récupération[1]. « J'étais pris, enfermé dans une cour au milieu de hauts murs, et quels murs, Picasso, Klee, Kandinsky, Mondrian, la peinture était là, pas moyen d'en sortir et ce n'était pas la mienne, celle que je rêvais... Et puis il y eut Wols, Dubuffet, Bissière chez Drouin »[2]. La peinture de Wols sera à l'origine de son « tachisme » personnel. Il développe parallèlement une œuvre figurative qui prend pour thème le paysage urbain (stations de métro, maison ouverte, boucheries, Jardin des plantes).

À partir des années 1950, Moser vit à Paris et à Ronco. Soutenu par les critiques d'art Roger Van Gindertael, Herta Wescher et Charles Estienne, il est alors l'un des principaux représentants de l'abstraction gestuelle. Dans ses compositions abstraites transparaissent les thèmes de cathédrales, de maisons et d’environnements urbains ainsi que des scènes mythologiques et historiques. Il participe en 1952, avec Fiorini et Nallard[3] à une exposition de groupe à la galerie Jeanne Bucher qui exposera régulièrement sa peinture. Il représente en 1952 la Suisse à la XXIXe Biennale de Venise et participe en 1959 à la Ve Biennale de São Paulo.

Au début des années 1960, Moser développe à travers des coups de pinceau dynamiques une peinture intensément colorée à laquelle il intègre des fragments de collages, des structures de lettres et mots déchirés. Il présente en 1964 une exposition au Kunstmuseum de Lucerne. À partir de 1965, il réalise des reliefs en bois, des assemblages de planches et ses premières sculptures, l'intérieur de certaines d'entre elles pouvant être visité. En 1966-67, il illustre de gravures sur bois L'heure du Goémon de Charles Estienne. En 1969, il réalise les vitraux de l’église de Réclère dans le canton du Jura.

Vivant entre Paris, Ronco et Zurich, Moser, dans la décennie suivante, développe une peinture évoquant le monde minéral à partir des carrières et des rochers du Gothard, et d’autre part une sculpture bicolore rouge et blanche. Des sculptures monumentales, acquises par la ville de Zurich, sont intégrées à l’espace urbain, comme à Oerlikon ou devant le Kunsthaus. Des expositions de son œuvre sont organisées au Kunsthaus Zurich (1970), au Kunstmuseum Coire (1971), au Musée de Metz (1974), au Musée de Schaffhouse (1979). Moser est de 1971 à 1978 président central de la Société des peintres, sculpteurs, architectes suisses.

Effectuant de nombreuses visites aux grandes collections d'art européennes, notamment à Venise, Moser en revient au milieu des années 1980 à une peinture gestuelle. Il est nommé en 1985 chevalier des arts et des lettres par la République française puis en 1993 Officier des Arts et des Lettres puis Officier des Arts et des Lettres en 1993. Il reçoit en 1989 le Grand prix de la ville de Zurich et en 1993 une grande rétrospective de son œuvre est présentée au Kunsthaus de Zurich.

De 1990 à 1997 Moser aborde de nouveaux thèmes picturaux (la chute des Idoles et le Pont Alexandre) peuplant son univers de personnages baroques et fantasques, tandis que ses pastels reprennent des thèmes anciens comme le jardin des Plantes et les maisons ouvertes. Moser meurt subitement en 1997 d'une hémorragie cérébrale

Illustration

  • Charles Estienne, L'Heure du Goémon, Paris, éditions Jeanne Bucher, 1966-1967.

Bibliographie

Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article : source utilisée pour la rédaction de cet article

  • Abadie, Daniel, « L’insaisissable certitude de Moser », dans « Fragments de paysage », édition Jeanne Bucher, Paris, 1981.
  • Baumann, Felix A., « Pont Alexandre oder die Altersheiterkeit des Wilfrid Moser » [Pont Alexandre ou la sereine maturité de Wilfrid Moser], Verlag Scheidegger & Spiess AG, Zurich, 1987
  • Frehner, Matthias, « Wilfrid Moser, Wegzeichen » [Wilfrid Moser, Signes de piste], Kunstmuseum Bern und Verlag Scheidegger & Spiess, Zurich, 2009.
  • Roger van Gindertael, « Moser », dans « XXe siècle » n° 18, Paris, 1961.
  • Lydia Harambourg, « Dictionnaire des peintres de l'École de Paris, 1945-1965 », Éditions Ides et Calendes, Neuchâtel, 1993 (ISBN 2825800481); nouvelle édition, 2010, pp. 352-354 (ISBN 978-2-8258-0241-0). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Jaeger, Jean-François, « Parcours à travers les fantasmes de Wilfrid Moser » [Augenschein in die Phantasmen von Wilfrid Moser], avec des textes de R.v Gindertael, P. Althaus, D. Bozo, D. Abadie, T. Grütter, W. Rotzler, C. Estienne, F. Baumann, G. Magnaguagno, R. Häsli, F. Mathey & S. v Moos, éditions Jeanne Bucher, Paris, 1983.
  • Juin, Hubert, « Seize peintres de la Jeune École de Paris », Le Musée de Poche, éditions Georges Fall, Paris, 1956.
  • François Mathey, « Moser », dans « Cimaise », Paris, juin 1964.
  • Nizon, Paul, « Swiss Made », Benziger Verlag, Zürich, 1971.
  • Wescher, Herta, « Moser », dans « Cimaise », Paris, décembre 1958.

Filmographie

  • Adriano Kestenholz, Wilfrid Moser: Treppen, ein Lebenslauf, Prod. : Aleph film & Tina Grütter, 2006.
  • Bolliger, Wilfried & Althaus, Peter F. (1970) Moser, Pro Helvetia & Schweizer Fernsehen / Pro Helvetia & Télévision suisse, VHS/PAL, 16',
  • Münger, Peter & Magnaguagno, Guido (1988/93), Moser, documentaire vidéo de l'association des artistes. VHS/PAL 40'. [versions française (30’), allemande (30’) et suisse allemande (40’)], Peter Münger, Zürich
  • Wehrli, Peter K. & Wilfried Bolliger, W. 1979, Atmosphère Paris, 1979, 9’.

Notes et références

  1. Lydia Harambourg, « Dictionnaire des peintres de l'École de Paris, 1945-1965 », Éditions Ides et Calendes, Neuchâtel, nouvelle édition, 2010, p. 352.
  2. François Mathey, Moser, dans Cimaise, juin 1964, cité dans Lydia Harambourg, « Dictionnaire des peintres de l'École de Paris, 1945-1965 », Éditions Ides et Calendes, Neuchâtel, nouvelle édition, 2010, p. 353
  3. Lydia Harambourg, « Dictionnaire des peintres de l'École de Paris, 1945-1965 », Éditions Ides et Calendes, Neuchâtel, nouvelle édition, 2010, p. 353

Fondation

  • Fondation Wilfrid Moser, Seestrasse, 89; Case Postale 1921; 8027 Zurich, Suisse

Sources

  • Notice sur Wilfrid Moser, site de la Galerie Jeanne-Bucher, Paris
  • Site sur Wilfrid Moser
  • Fondation Wilfrid Moser
  • Institut suisse pour l'étude de l'art (SIK ISEA)

Liens externes

Sur les autres projets Wikimedia :

  • [1] Site sur Wilfrid Moser
  • [2] Site sur Wilfrid Moser
  • [3] Site sur les vitraux de l’église de Réclère
  • [4] Site de la Galerie Jeanne Bucher (Paris)
  • [5] Site de la Galerie Carzaniga (Bâle).
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